Esra Va Très Bien - Jeremiah, tome 28Année de sortie : 2008

Auteur : HERMANN
Editeur : Dupuis





Album cartonné - 48 pages couleurs

Scénario, dessin et couleurs de HERMANN

Collection "Repérages"

Date de parution : 9 janvier 2008

ISBN : 978-2-8001-4065-0



Jeremiah et son compagnon Kurdy n’en sont pas à leur première aventure ni à leurs premiers déboires. Ce tome 28 se déroule dans un paysage désertique de type nord-américain. Intitulé « Esra va très bien » en référence à un personnage qui n’est même pas au centre de l’histoire, ce tome est à la fois une dénonciation des dérapages abrutis de certains hommes de loi et un thriller fantastique. HERMANN, scénariste et illustrateur, laisse libre court à sa verve pour dénoncer les travers de deux adjoints au maire tyranniques qui terrorisent une petite bourgade en infligeant des sévices injustifiés à ses habitants. Vaniteux, prétentieux, en quête de gloriole et d’argent, ils vont être pris à partie par Kurdy et Jeremiah devra s’interposer physiquement. Ce sera le point de départ d’une chasse à l’homme dont nos héros seront les proies. Parallèlement, le village est sous la menace d’une étrange malédiction d’où résultent une invasion de corbeaux et des meurtres par décapitation. Seul un groupe de vieillards semble comprendre la cause de ces phénomènes tout en lui donnant un étrange aspect fantastique. Qu’en est-il vraiment ?

HERMANN a choisi des couleurs pastel qui renforcent la dureté des visages tannés par le soleil et celle des paysages. Avec cet album, on est à la limite du road « movie », du western moderne et du thriller fantastique. Ce qui sied parfaitement à la collection « repérages » qui revendique la diversité des genres. Quant à Jeremiah, il n’a décidément pas fini de se retrouver dans des situations extrêmes du monde en perdition où il évolue.

Cet album est fort agréable à lire, avec beaucoup de mouvements dans des scènes de combats et de courses-poursuites très réalistes. Le scénario est plutôt prenant et donne envie d’avancer dans la lecture. J’aime beaucoup l’utilisation qu’HERMANN fait d’Esra dans son histoire et dans le titre. Mais n’oublions pas la critique que fait l’auteur des travers notre société. Tout cela sonne très juste et HERMANN souligne les déviances de notre monde et les malheureuses dérives des personnes de pouvoir qui coûtent très cher aux populations opprimées.

En conclusion, « Esra va bien » offre un réellement bon moment de détente mais n’omet pas de rappeler au lecteur que tout n’est pas bien joli dans notre société.



Tiphaine