Ouvert la NuitAnnée de sortie : 2008

Auteur : ABEL Jessica - SORIA Gabe - PLEECE Warren
Editeur : Dargaud





184 pages



ISBN 978-2205-06137-6







"Ouvert la nuit", de son titre original "Life Sucks" (vous apprécierez le jeu de mot) est une histoire contemporaine de vampires : Dave, un jeune garçon qui postule pour un poste de vendeur de nuit dans un drug-store se faire mordre par le Prince Radu Arisztidescu et devient son esclave. La vie de Dave n’était pas extraordinaire, sa non-vie de vampire ne sera pas mieux. Devenir l’employé d’un maître vampire roumain est des plus rébarbatifs : travailler toute la nuit, être payé une misère, n’avoir aucune vie sociale… D’autant que Dave n’arrive pas à accepter sa condition. C’est un vampire végétarien : c'est-à-dire qu’il n’arrive pas à se nourrir de sang frais directement sur des victimes humaines. Il n’absorbe que des poches de sang. Ce qui a pour désavantage de le rendre faible et sans pouvoir. Autant dire que Dave est presque au bord de l’envie de se suicider si l’on peut dire… Jusqu’à ce que Rosa, une jeune latino gothique, franchisse la porte de son magasin. Et c’est le coup de foudre. Mais rien n’étant simple pour Dave, comme pour Rosa, il va falloir qu’ils s’apprivoisent l’un l’autre, qu’ils s’aperçoivent qu’ils ressentent quelque chose l’un pour l’autre et qu’ils se l’avouent. Pour leur rendre les choses encore plus difficiles (comme si une relation entre un vampire et une humaine pouvait être simple !) Wes, un autre vampire créé par Radu, mais qui lui a une belle gueule, de l’argent et un ego surdimensionné, va tout faire pour attirer Rosa dans ses filets, uniquement par jeu et pour ennuyer Dave. Vous pouvez vous attendre à de nombreux rebondissements à ce sujet jusqu’à la dernière page.



Dave est un anti-héros par excellence, Rosa est séduisante à croquer mais également tellement naïve que l’on voudrait parfois lui mettre des claques. Tous les protagonistes sont très attachants et l’on en redemande une fois la lecture achevée. Il s’est passé tellement de choses tout au long de cette histoire que l’on a l’impression de connaître parfaitement chaque personnage depuis une éternité.



Avec ce comics, nous somme très loin des clichés sur les vampires à la Christopher Lee ou Bela Lugosi. Les deux scénaristes Jessica ABEL et Gabe SORIA ont travaillé pour rendre plausible leur histoire. Les sentiments qui habitent chaque protagoniste (vampire ou humain) sont ceux que tout un chacun pourrait ressentir. Ajoutez à cela une capacité à jouer avec les clichés du genre (passage où Dave et Rosa évoquent le quotidien des vampires : une confrontation entre mythe et réalité) avec un grand sens de l’humour. Le résultat est des plus agréables à lire, car nous avons tous été confrontés à des difficultés amoureuses, à des copains donnant de mauvais conseils, à des bellâtres prétentieux qui ne font que briser le cœur de demoiselles naïves. Les auteurs nous livrent une vision de la condition de vampire relativement désagréable : Radu, le maître vampire intransigeant et radin, est un personnage extrêmement détestable et pourtant il saura faire preuve de compassion envers son esclave, même s’il se moque de Dave quand ce dernier lui explique qu’il a un rendez-vous avec Rosa.



Toute cette histoire est basée sur le principe que même les plus pourris ont un petit côté gentil, ce qui fait qu’ils ne peuvent pas être complètement détestés.



Le dessin de Warren PLEECE est assez particulier et fait penser aux comics des années 70-80, avec un côté figé, comme si chaque dessin était une photo tirée de la scène d’un film. C’est vrai qu’au départ, il faut s’habituer à ce rythme assez saccadé. Le fait d’avoir beaucoup de texte à lire dans les bulles est également là pour ralentir votre lecture. Cela vous incitera à regarder plus en détail ce qui se trouve dans les cases. Et du coup, cette lenteur dans l’action qui se déroule ne vous gênera plus au bout de quelques pages.



A lire sans tarder, ce comics de 180 pages va vous ravir, que vous soyez goth ou fan de vampires, car le thème est travaillé avec intelligence et originalité.









Xavier