YFL-500/Le mariage de la dryadeAnnée de sortie : 2011

Auteur : WILSON Robert Charles
Editeur : Folio




Collection Folio 2 € n° 5299


Parution le 01/09/2011


112 pages


ISBN : 9782070444038





La rentrée littéraire est toujours très chargée en nouveautés. Ce tout petit recueil de deux nouvelles de Robert Charles Wilson proposé par Folio pour la modique somme de 2€ va vous permettre de lire de la SF de grande qualité, sans vous embarquer dans un roman de 500 pages ou une saga en 10 volumes.


Cependant, YFL-500 et Le Mariage de la dryade agissent comme un véritable hameçon. La qualité d’écriture de Robert Charles Wilson est si remarquable, que vous aurez envie de lire d’autres textes de cet auteur, comme par exemple Mysterium (prix Philip K. Dick 1995), qui vient de paraître chez Folio SF.





Mais revenons à YFL-500. Vous y découvrirez un artiste d’un genre pour nous inconnu. Gordo Fisk, un transreprésentationnaliste. C'est-à-dire qu’il crée des œuvres à partir de données. Le problème actuel de Gordo, c’est qu’il ne rêve pas. Dommage pour un artiste, car les pensées nocturnes constituent une très prolifique source d’inspiration. D’ailleurs son œuvre YFL-500, qui est la plus reconnue, en est la représentation. C’est pour cela que Gordo aimerait pouvoir en utiliser d’autre, mais peine perdue. A moins qu’il ne trouve une nouvelle source d’inspiration, qui lui donnera de nouveaux rêves à transreprésentationnaliser.





Robert Charles Wilson nous décrit la détresse d’un artiste qui n’arrive plus à rêver et qui va tenter de se lier d’amitié avec une jeune femme qui n’est pas du même milieu social que lui, car elle vie à Chômeville. Nous aurons au fur et mesure du texte des explications sur les conditions de vie de cette cité. Comment fonctionne la transreprésentationnalisation. Quels traitements pourraient fonctionner sur Gordo, etc. Mais le plus passionnant réside dans les échanges et le semblant de jeu amoureux qui se déroule entre Gordo et la jeune femme.





Avec Le mariage de la dryade, nous sommes projetés sur la planète Isis pour faire la rencontre de Chaia Martine. Cette jeune femme a été victime d’un terrible accident il y a plusieurs années. Mais son corps a pu être recomposé. Elle a réappris à vivre normalement et va ainsi pouvoir se marier pour la seconde fois avec son mari. Chaia est en tout point semblable à celle qu’elle était, mise à part sa perte totale de mémoire d’avant l’accident. Mais peu importe, elle est maintenant une jeune femme autonome promise à un bel avenir. Elle conserve tout de même un comportement quelque peu différent. Elle aime se promener seule dans la forêt, parfois pendant quelques jours. Et pourtant, Isis est une planète inhospitalière. Son écologie est basée sur la prédation et le parasitisme. Cela a joué un mauvais tour à la première colonie humaine qui a été totalement décimée. Mais l’homme s’est adapté, grâce à la technologie. Ainsi Chaia peut se laisser aller à toutes ses excentricités. Jusqu’au jour où elle va faire une rencontre surprenante : des araignées vont s’amonceler devant elle pour former un homme et réussir à prononcer son nom ! Chaia est-elle sujette à des hallucinations ? Resterait-il quelques séquelles de son accident ? Ou peut-elle communiquer avec les insectes ?





Robert Charles Wilson a une capacité d’évocation très développée. Que ce soit dans YFL-500 ou Le Mariage de la dryade, en quelques lignes vous être immergé dans un nouveau monde avec l’impression de le comprendre sans aucune difficulté. Vous allez ainsi voyager, sans vous poser aucune question sur ce qui vous entoure. Comme vous n’avez pas à faire d’effort de concentration pour imaginer ce qui vous est décrit, vous vous attachez d’autant plus facilement au récit. Les personnages sont toujours au cœur de l’intrigue. Ils sont toujours très attachants. Ici, il n’y a pas de méchant ni de gentil. Ce qui vous évite de prendre partie ou d’être déçu. Si bon nombre d’auteurs vous expliquent qu’il n’y a de bonnes histoires qu’avec des bonnes oppositions, Robert Charles Wilson démontre le contraire avec ces deux très belles nouvelles.


Alors faites vous plaisir à leur lecture.





Xavier