Destination Univers, anthologieAnnée de sortie : 2012

Auteur : DEBATS J A; DUNYACH J C; Dir.
Editeur : Griffe d'Encre



Anthologie/240p.
Illustration de couverture : Alexandre Dainche
Parution : 10 février 2012
ISBN : 9782917718315


Destinations Univers est une anthologie dirigée par Jeanne A. Debats et Jean Claude Dunyach consacrée au Space Opera. Vous y retrouverez les textes suivants :
- Anthony Boulanger : Évaporation et sublimation
- Célia Deiana : Le Bal des méduses
- Anne Fakhouri : Sleeping Beauty
- Olivier Gechter : Le Gambit de Hunger
- Thomas Geha : Les Tiges
- Laurent Genefort : Les Dieux Bruyants
- Aurélie Ligier : Le Marathons des trois lunes
- Olivier Paquet : Le Khan Mergen

Il y a deux raisons évidentes pour lesquelles vous pourriez être amenés à lire cette anthologie.
La première : la qualité des textes. La sélection opérée par Jeanne A. Debats et Jean Claude Dunyach a été des plus sévères. Vous trouverez à chaque fois beaucoup d’intérêts aux nouvelles, qu’elles aient été écrites par des auteurs reconnus ou de jeunes talents sortis des sélections de Cocyclics.
La seconde : certaines nouvelles sont des spin off. Ainsi, vous aurez un petit aperçu supplémentaire d’un univers qui a été ou qui va faire l’objet d’un roman. C’est le cas pour Thomas Geha avec Les Tiges, qui verra son prochain roman paraître aux éditions Critic. A ce propos, vous y retrouvez également des éléments qui étaient présents dans son roman La Guerre des Chiffoneurs sorti aux éditions Rivière Blanche ( lien vers notre chronique ). C’est le cas aussi pour Olivier Paquet avec Le Khan Mergen qui vous donne un avant goût de Le Melkine, qui sortira chez L’Atalante cette année.

Rentrons un peu plus dans le détail, mais sans trop en dévoiler.

Dans Les Tiges, Thomas Geha nous propose de commencer à découvrir une nouvelle évolution de l’homme. L’idée éveille la curiosité et donne envie d’en savoir bien d’avantage. Pour cela il faudra attendre le roman. Le texte est très court, je ne peux malheureusement pas vous en dire d’avantage sans spoiler. Si ce n’est déjà fait avec ces quelques mots.

Le texte d’Anne Fakhouri, auteure confirmée, m’a quelque peu laissé sur ma faim. Justement j’attendais quelque chose de véritablement novateur et entraînant. Et j’ai trouvé une histoire qui respecte les canons du genre. Il n’en reste pas moins un récit d’une très grande qualité qui devrait ravir les amateurs de space opera. La relation si intense entre père et fils qui est décrite dans Sleeping Beauty donne à penser qu’elle est indestructible ou qu’une séparation serait un déchirement insupportable. Il y a une telle relation entre Olbomce et Piek. Du coup, j’attendais beaucoup plus de ce texte, une sorte de fin en feu d’artifice. En tout cas, pas une fin ouverte. Mais qui sait Anne Fakhouri nous réserve peut-être une suite ? En tout cas, c’est à espérer.

Laurent Genefort n’en finit pas de transformer notre quotidien pour le réadapter à la sauce SF. Avec Les dieux bruyants, il nous propose une réflexion écologique très bien amenée. Si l’histoire est sans réelle surprise, le récit n’en est pas moins rempli d’émotion et surtout de bon sens. C’est pour moi, l’un des textes les plus intéressants de ce recueil.

Avec son texte de vaisseau contrôlé par une IA, à la sauce « 2011 l’odyssée de l’espace », je mettrais Olivier Gechter un peu en dessous de la moyenne de ce recueil. Nous n’avons pas été attrapés par cette histoire. Dommage. Je n’ai eu aucune empathie pour Amy. Et je commence à en avoir plus que ma dose de ces personnages qui peuvent manipuler les autres. N’est pas Jedi qui veut !

Aurélie Ligier se détache bien du lot avec Le Marathon des trois Lunes. C’est une course d’une toute nouvelle sorte qui a pour but de permettre à l’heureux vainqueur de devenir l’homme (ou la femme) qu’il a toujours rêvé d’être, alors que les autres seront de simples soldats. Aurélie Ligier fait remonter les instincts les plus élémentaires pour obliger ses protagonistes à survivre. Sur un rythme haletant, vous suivrez la progression de l’un des concurrents dans cette course où tout est permis. Dans tous les cas, il n’y aura qu’un seul élu. Même si le thème a déjà été de nombreuses fois utilisé, il est ici retranscrit avec passion et intelligence.

Il en va de même avec le très beau texte de Célia Deiana, Le Bal des méduses. Il s’agit d’une véritable rêverie SF, remplie de poésie. Une histoire dure et pourtant pleine d’espoir. En lisant ces mots, vous vous trouverez happé dans une petite bulle qui vous ferra oublier notre univers. Célia Deiana a un talent rare, une véritable puissance évocatrice digne des plus grands maîtres du genre. Retenez bien son nom et suivez ses prochaines productions.

Au final, ce recueil de nouvelles vous offre un très bon moment dans l’espace ou sur d’autres planètes lointaines. La constante dans ces histoires est la grande place laissée à l’humain ou l’extraterrestre. Ici, pas ou peu de robot et d’intelligence artificielle. Est-ce un le signe d’une nouvelle tendance qui remet l’organique au cœur du système ? Finies les années « Terminator » et la peur de « Big Brother », l’avenir nous appartient, quelle que soit la forme ou l’évolution que connaîtra l’humanité dans les prochains siècles. L’important, c’est nous, homme ou femme et ce que nous ferons pour continuer de survivre.
Quoiqu’il en soit, l’espace, cette zone de liberté qui semble absolue, infinie et toujours indomptable, fascine toujours autant. Comme si tout était figé sur Terre, alors que tout est possible au-delà de notre atmosphère. Osez lâcher les amarres et vous envoler au-delà du 7ème ciel avec Destinations Univers.


Xavier