L'Ecole de la nuitAnnée de sortie : 2012

Auteur : HARKNESS Deborah
Editeur : Orbit



Roman couverture souple/552 pages
Date de parution : 12 septembre 2012
Graphisme : Constance Clavel
Traduit de l’américain par : Pascal Loubet
ISBN : 978-2360510689

« Au Commencement étaient la peur et le désir…
… Puis vinrent la fuite et le passé »
Ces deux prophéties, apparaissant respectivement en couverture de Le Livre perdu des sortilèges et de sa suite L’école de la nuit résument parfaitement l’ambiance des deux premiers tomes de la trilogie de Deborah Harkness.

Diana, la sorcière historienne qui ne maîtrise pas ses pouvoirs, et Matthew, le vampire généticien victime d’une maladie furieuse, ont en effet dû se réfugier dans le Londres Elisabethain en effectuant un saut dans le temps depuis la période actuelle.
Dans ce monde de grandeurs et de décadence, dominé par des souverains mégalomanes et des artistes au devenir glorieux, cet improbable couple recherche toujours l’Ashmole 782, le fameux livre perdu des sortilèges afin de répondre aux nombreuses questions qu’ils se posent.
Matthew a déjà vécu cette époque et retrouve avec plaisir ou grande crainte ses amis et certains membres de sa famille. Mais Diana découvre le XVIème siècle avec des yeux émerveillés. Elle ne peut aussi que s’effrayer de la montée en puissance des ennemis des sorcières alors que partout d’immenses bûchers rédempteurs s’allument. Il faut cependant bien qu’elle déniche une sorcière capable de lui apprendre à utiliser la magie qu’elle sent bouillonner en elle.

Dans L’école de la nuit, Deborah Harkness, historienne de métier, spécialisée dans la période Elisabethaine nous emmène d’abord dans un voyage dans le temps à la découverte de la mode et des personnalités de l’époque. Ses héros croisent donc de nombreux personnages historiques comme le politicien William Cecil, le corsaire de la Reine Sir Walter Raleigh ou le poète Marlowe. La difficulté dont ils ne paraissent pas conscients en voyageant ainsi à rebours dans le Temps, consiste à ne pas créer de distorsions dans le présent. Et c’est là l’une des forces de D. Harkness qui jongle (et joue) avec les éléments historiques pour faire évoluer ses personnages tout en restant cohérente dans la période présente. Des vampires immortels et des sorciers fileurs de Temps pourraient en effet créer un beau bazar dans la narration. Et jusqu’à la fin de ce second opus, tout va bien pour notre astucieuse auteure qui maîtrise parfaitement le fil de son histoire.

Pour ce qui est des personnages en eux-mêmes, on entre bien plus dans leur intimité en découvrant leurs familles et leurs pensées. Les secrets cachés surgissent de toutes parts dans ce volume et nous attachent un peu plus aux protagonistes.
J’émettrais juste une réserve sur le nombre de passages d’ébats amoureux qui ne me paraissent pas utile. Ils combleront néanmoins les fans de bit lit qui cherchent à quitter les sentiers battus de cette littérature. Pour ma part, j’aurais préféré encore plus de détails historiques plutôt que ces relations dont la multiplication n’apporte pas grand-chose.
En revanche les passages sur la sorcellerie et les pouvoirs associés sont vraiment très bons et passionnants. La vision du vampirisme est relativement déroutante mais plutôt bien adaptée à la narration. Il est également particulièrement intéressant de rencontrer des personnages surnaturels morts dans le présent, qui interagissent avec nos héros dans le passé.

L’Ecole de la nuit poursuit bien la trilogie. D. Harkness nous propose une œuvre originale entre bit lit populaire, ouvrage fantastique et roman historique. Un cocktail qui devrait sans aucun doute toucher de nombreux lecteurs.


Tiphaine