Dans les veinesAnnée de sortie : 2012

Auteur : CAUSSARIEU Morgane
Editeur : Mnemos



!!!!! POUR PUBLIC AVERTI !!!!!

Roman broché/312 pages
Date de parution : septembre 2012
Illustration : Bastien Lecouffe-Deharme
ISBN : 978-2-35408-144-7

Bordeaux subit les attaques d’un groupe ou d’un serial killer depuis quelque temps. Le lieutenant Baron et sa partenaire, Brune, mènent une enquête difficile dans les bas fonds de la ville. De bars gays en ruelles glauques, de boîtes underground en squats miteux, ils tombent sur des cadavres horriblement mutilés mais tous exsangues.
Parallèlement, Lily, la fille de Baron prend de plein fouet son adolescence et sa vie pathétique à souhait. Elle décide d’accompagner son amie Violaine, qui joue les poupées gothiques, dans des virées nocturnes un rien inconscientes avec les détraqués qui rôdent partout.
Lily rencontre alors les fascinants yeux violets de Damian. Comme un ultime échappatoire, elle plonge dans une passion dévorante pour cet être froid et sans doute dangereux.

« Les gentils vampires, ça n’existe pas ». L’accroche du quatrième de couverture résume bien l’ambiance générale de ce roman, résolument anti bit-lit. L’auteur revendique des textes vampiriques plus âpres, plus fondateurs, ceux des courants des années 80. Ceux de Anne Rice ou Poppy Z Brite, des vampires séduisants certes, mais surtout arrogants, destructeurs, sans conscience. Des vampires apparus en même temps que le VIH, période à laquelle le mythe de Dracula a été balayé pour que le vampirisme joue pleinement la métaphore de la maladie sanguine. A cette époque, les stryges sont devenus des junkies et ont perdu un peu de leur superbe.

Alors oui, avec Dans les veines, on retrouve certaines ambiances qu’on croyait oubliées à jamais pour cause d’une littérature mièvre inspirée des vampires prudes et « végétariens » de Twilight. Et cela je l’apprécie, car je commençais à me lasser des amourettes de lycéennes et des combos vampires-démons-loups garous qui luttent contre leur condition, leur clan ou leur instinct par amour pour l’être humain.

Néanmoins, loin de moi l’idée de crier au génie. Ce roman a des références. Oui. Mais ce que j’ai lu s’apparente moins à de la littérature vampirique qu’à une accumulation de scènes de viols ou même d’inceste.
Du sordide, il y en a pas de doute. Et si je n’ai rien contre des vampires sans âme à l’instar de Lestat, j’aime bien que l’ambiance soit glamour, érotique.
Il y a des passages révoltants mais qui sont justifiables par l’essence même de ce qu’est un vampire. (Je pense au prologue entre autres). C'est-à-dire un monstre horrifique qui peut donc entraîner une littérature gore.
Mais d’autres moments sont inutiles, lassants, et même très pénibles comme la répétition des actes sexuels.
Franchement quand je lis un roman fantastique, je ne cherche pas une pseudo dénonciation des travers de la société. Si j’ai envie de lire un roman sur le mal être adolescent, l’alcoolisme, les méfaits de la drogue ou les déviances sexuelles je me tourne vers une autre littérature.

Je vais quand même terminer sur ce que j’ai aimé : la traque du vampire. Le fait qu’il joue avec sa victime désignée comme peut le faire un chat. Le parallèle avec le texte fondateur Carmilla a été, de ce point de vue, très bien exploité.


Tiphaine