Faux-semblantsAnnée de sortie : 2014

Auteur : OLA DAHL Kjell
Editeur : Folio Policier



Folio policier n°718
Roman/352 pages
Traduction du norvégien : Alain Gnaedig
Date de parution : 13/02/2014
ISBN : 9782070456345

Le norvégien Kjell Ola Dahl nous narre avec Faux-Semblants une enquête de Gunnarstranda et Frølich, son duo d’inspecteurs récurrent : leur deuxième enquête parue en Folio Policier, est-il précisé en quatrième de couverture. A noter aussi que plusieurs autres n’ont pas encore été traduites. Et là, le bâts blesse car la relation entre ces deux représentants de la police d’Oslo n’est guère explicite.
A la lecture de ce thriller, on pressent qu’entre eux, dans le passé, les rapports n’ont pas toujours été faciles. Malheureusement, on n’en apprendra pas plus. Alors, on a du mal à appréhender leurs comportements respectifs et conflictuels l’un vis-à-vis de l’autre.

Même si c’est assez frustrant, cela ne nuit en rien à l’intrigue. Laquelle est double puisque Frølich s’intéresse simultanément à un crime et à une disparition.
La jeune femme assassinée, interpellée par lui en possession de cocaïne puis relâchée, est la fiancée d’un ami d’enfance perdu de vue et auquel la vie semble avoir réussi, peut-être suite à des opérations louches.
La jeune fille disparue est une étudiante ougandaise, brillante et sérieuse, fraîchement débarquée à l’invitation de l’université d’Oslo et dont la trace se perd quatre jours après son arrivée.

L’odieux meurtre de la séduisante Véronika, découverte mutilée parmi les immondices, et l’inquiétante éclipse de Rosalind M’Taya obsèdent Frølich dont la conscience est assombrie par des remords longtemps mis en veilleuse mais ravivés par ses retrouvailles avec Karl Anders, l’ami d’autrefois, fiancé endeuillé et étrangement distant.
Pourquoi la Corse refait-elle surface, avec son cortège de souvenirs véridiques… ou mensongers ?

L’auteur aborde des sujets divers : drogue, viol, argent facile et ses revers, milieux cosmopolites, dérives parentales, dévoiements policiers, racisme ordinaire, vertiges de la séduction, fausseté des réminiscences, justice à deux vitesses…
Les pistes se multiplient, on s’immerge avec intérêt dans les arcanes d’un Oslo tentaculaire, en proie à la canicule d’un été explosif.
Frølich impliqué à titre personnel se voit refuser le droit d’abandonner la première enquête. Il en ressent de la rancœur d’autant que l’indifférence générale qui entoure la seconde, dont sa hiérarchie voudrait le déposséder, l’écoeure. Rosalind a le tort d’être une femme de couleur, boursière, momentanément émigrée et, pire que tout, douée. Frølich révolté entame alors une traque non autorisée, menée de front avec la résolution du meurtre de Véronika.
Présent et passé font assaut de sinuosités. Vrai et faux, mémoire et réalité… Où est la vérité ?
Et Gunnarstranda dans tout ça ? Il intervient en toile de fond. Indéfinissable. Tirant quelques ficelles parfois au profit de Frølich, parfois à son détriment. On le perçoit néanmoins comme un personnage important. D’ailleurs c’est à lui que reviendra le dernier mot.


Dom.