Anthologie élément III : l’Eau Année de sortie : 2015

Auteur : DUEZ Magali, Dir.
Editeur : Griffe d'Encre



Collection : Anthologie
Broché/224 pages
Illustration : Magali Villeneuve
Date de parution : 25 mai 2015
ISBN : 9781092349108

Sommaire :
Lacrimosa, par Andoryss Mel
RH250, par Alix Le Guinec
Mare a mare, par Livia Galeazzi
Fleur d’eau, par Marie Barthelet
Larmes de pluie, par Isabelle Guso
L’Hiver est ma demeure, par Marianne Lesage
À consommer sans modération, par Michel Féret
Mémoire d’une teigne marine, par Tepthida Hay
Les âmes des anciens, par Magali Lefebvre

L’eau, élément principal de notre survie et composante majoritaire de la Planète, est à l’honneur dans la troisième anthologie « élément » des éditions Griffe d’Encre après l’air et la terre.
Puisqu’elle nous est si familière, il s’avère sans doute plus facile d’en tirer la substantifique moelle. Du fait de sa multiplicité, de son large rayon d’action, nos neuf novellistes ont rivalisé d’imagination pour la mettre en scène sous différentes formes, y compris son état de glace.
On croise donc au gré des pages une sirène qui se cherche, une vouivre amoureuse, une enfant sous la pluie, un pichet peu rempli, des larmes précieuses, un surfeur et des requins, un éphèbe épris d’une source, une beauté glacée, et une nymphe grincheuse.

Souvent personnifiée, l’eau enseigne aux Hommes, parfois les rend meilleurs. Lacrimosa et RH250 rappellent à quel point il s’agit d’une denrée rare. Tandis que Mare a mare, Fleur d’eau, À consommer sans modération et Mémoire d’une teigne marine la présente grâce aux mythes antiques et aux légendes. Un peu à part, on découvre Les âmes des anciens, récit fantastique qui puise sa source dans les croyances anciennes des îles pacifiques.

J’ai particulièrement apprécié la qualité d’écriture et la profondeur d’analyse du sentiment de la petite héroïne d’Isabelle Guso. Certes, la réflexion de l’enfant sur le rejet subi est un peu trop poussée et claire, mais l’analyse des frustrations ressenties est d’une justesse sans pareil. Des textes comme cela, au-delà de leur philosophie et de leur touche fantastique, peuvent à coup sûr aider certains lecteurs à prendre conscience de la différence et à l’épauler plus que la rejeter.
J’ai beaucoup aimé l’humour de Alix Le Guinec, qui utilise un très beau décalage pour parler de la maladie et des soins hospitaliers. Sérieusement, ce texte m’a donné soif !
Enfin, j’ai particulièrement apprécié le style de Michel Féret et sa jolie romance.

Cette anthologie a beau être très variée, elle reste d’une grande cohérence. Je ne me suis pas sentie gênée à la lecture d’une nouvelle que j’aurais trouvée moins bonne par exemple. Si je vous ai exposé mes coups de cœur, ce n’est pas pour souligner les défauts des autres. Il s’agit juste de ma propre sensibilité de lectrice mais les autres nouvelles ont beaucoup d’atouts également. Rappelons juste qu’il faut manier avec précaution les fins ouvertes car elles peuvent laisser à penser que l’auteur ne sait pas comment finir son histoire.

Cette troisième anthologie « eau » m’a beaucoup plu au niveau des écritures et a pleinement rempli son contrat de recueil de textes fantastiques. A lire d’urgence, cela ne pourra que vous rafraîchir !


Tiphaine