Le Livre des Martyrs, 1- Les jardins de la LuneAnnée de sortie : 2018

Auteur : ERIKSON Steven
Editeur : Editions Leha



Broché/ 512 pages
Illustration de couverture :Marc Simonetti
Traduction : Emmanuel Chastellière
18 mai 2018
ISBN : 979-1097270193

Jamais deux sans trois : c’est la troisième fois que la série de Steven Erikson voit le jour en France. Le Livre Malazéen des Glorieux Défunts est une série de fantaisie qui sort des sentiers battus. Trop adulte, trop compliquée pour certains éditeurs. Buchet Chastel avait tenté l’expérience en 2001 avec le 1er livre. Calman Levy avait relevé le défi en 2007 pour baisser les bras après 3 volumes qui correspondaient aux 2 premiers tomes en anglais.
Nous sommes en Mai 2018, c’est au tour des éditions Leha de tenter l’aventure.
Pour l’occasion : nouvelle traduction (Emmanuel Chastellière), nouveau titre pour la saga (Le Livre des Martyrs) et nouvelle couverture (Marc Simonetti). Petit bonus: une préface de l’auteur de décembre 2007 qui donne le ton. Les jardins de la Lune est donc une invitation « Venez pour le frisson ». Tout est dit dans ces quelques mots qui se trouvent dans l’avant dernier paragraphe de cette préface. Oui l’auteur le reconnaît, la saga qui porte désormais le nom de « Le Livre des Martyrs » en 10 tomes en version originale est une série ambitieuse et originale. Il faut faire attention lors de sa lecture. Ici, chaque personnage est important et très puissant. Nous n’allons pas suivre un roman initiatique avec un jeune orphelin qui va trouver un objet magique et devenir le Roi tant attendu de la prophétie. Nous allons vivre des aventures bien plus palpitantes où les hommes rivalisent avec les dieux. Tenez vous prêts ! Vous penserez à des aventures dignes des meilleurs récits de la mythologie, remises au goût du jour, avec de la Dark Fantasy.

Steven Erikson est un auteur remarquable. Les interactions entre ses personnages sont si complexes qu'il est nécessaire d'être bien attentif lors de la lecture, sous peine de rater une allusion à une alliance occulte, qui se révèlera décisive 300 pages plus tard. Steven Erikson cite dans sa préface des séries comme Dune de Frank Herbert ou La Compagnie Noire de Glen Cook, mais c’est pour mieux s’en détacher. Ici, pas de redite, et même si ce 1er tome de la saga est sorti en 1999, le texte n’a pas vieilli. Il est toujours aussi percutant et d’une puissance rare.

Avec Les Jardins de la Lune, nous sommes bien loin d'un univers à la « Donjon et Dragons » (une porte, un monstre, un trésor). Dans le monde de l'empire malazéen, les intrigues politiques sont légions. Chacun y va de son influence, plus ou moins importante. La force physique donne parfois quelques avantages. La magie est des plus puissantes. Les dieux et ascendants viennent eux-mêmes interférer avec les affaires humaines. La chance met parfois son grain de sable dans les plans les mieux préparés. Au milieu de tout cela, se débattent des protagonistes aux pouvoirs (politique, magique ou physique) impressionnants, et doués d'une volonté d'acier. Et pourtant, certains ne seront pas en mesure de faire face à leur destin, la tache ou leur adversaire se révélant une épreuve insurmontable malgré leur potentiel qui semble sans limite.

Les Jardins de la Lune vous plongera dans le monde malazéen dirigé d'une main de fer par la redoutable Impératrice Laseen. De nombreuses questions seront posées et leurs réponses seront plus ou moins surprenantes : quel est le véritable but de l'Adjointe, la tueuse de mage? Le Capitain Paran survivra-t-il à la mission qui lui a été confiée alors que les nobles sont détestés par l'ensemble des soldats? Quels sont les plans du Grand Mage Tayschrenn? Quel rôle va avoir Anomander Rake, Seigneur de Sangdelune, face à l'Impératrice qui n'a plus qu'un but : faire chuter Darujhistan, la dernière des cités libres de Genabackis? Quant à la 9ème Escouade, dirigée par le Sergent Mésangeai, elle devra se coltiner la très jeune recrue au nom mystérieux de «Mes Regrets». En ce qui concerne les dieux et ascendants, leurs motivations sont plus opaques encore. Tout cela n'étant que la partie émergée de l'iceberg. Car dans l'ombre, de nombreuses personnes complotent, s'intéressent ou font semblant de ne pas savoir, pour mieux passer à l'action au moment propice.


Steven Erikson signe avec Les Jardins de la Lune, un roman de Fantasie de haute volée. Il vous est impossible de passer à côté du premier tome de cette saga.
En achevant votre lecture vous n'aurez qu'une envie : lire le prochain tome. Même si comme moi, vous aviez déjà lu ce premier volume, c’était il y a déjà si longtemps.
La nouvelle traduction donne un nouveau rythme à votre lecture. Même si à l’époque, cela ne m’avait pas dérangé, il faut bien reconnaître que la nouvelle traduction est un peu moins pompeuse. Ce qui ne veut pas dire qu’elle est plus simple. Elle semble plus adaptée à l’atmosphère des Jardins de la Lune.

Il s’est passé tant de choses depuis 1999, de l’adaptation du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson, en passant par Trône de Fer ou Le Nom du Vent et j’en passe un si grand nombre. Il y a de très belles choses à faire en matière de Fantasie.
Les éditions Leha l’ont bien compris. Nous souhaitons que leur choix de reprendre la saga soit récompensé. Nous n’avons jamais cessé de le dire : cette série est une merveille.
Merci aux éditions Leha pour leur effort, leur audace.
Les personnages que nous croisons dans Les Jardins de la Lune sont d’un très haut niveau, nous sommes plongés sans ménagement dans le vif du sujet. C’est ce qui est agréable dans le style de Steven Erikson. Nous ne sommes pas pris pour des enfants attardés.
Le Livre des martyrs est une lecture extraordinaire.
Venez vous y frotter.

Xavier