Les chasseurs dans la neige Année de sortie : 2018

Auteur : LAURICHESSE Jean-Yves
Editeur : Ateliers Henry Dougier



Collection Littérature
Couverture souple/96 pages
Date de parution : 4 octobre 2018
ISBN : 979-10-312-0405-5

Flandres, 1565. La jeune Maeke célèbre avec son village les fêtes de l’automne. Un inconnu très courtois et résolument bourgeois l’invite alors à danser. Il se présente comme étant peintre et la quitte après cette danse sans qu’elle le revoit. La curieuse impression de sincérité que lui a donné l’homme, elle ne l’a pas oublié. C’est ainsi qu’elle est heureuse de le revoir au village, alors que l’hiver est bien installé. Pieter Bruegel, car c’est son nom, vient trouver l’inspiration pour un grand paysage enneigé commandé par un riche banquier. Il passera plusieurs jours d’observation marquant Maeke à jamais. Mais lui aussi est touché par la jeune fille et il fera tout pour qu’elle puisse voir le tableau enfin achevé, y compris l’employer comme nounou pour son jeune fils.

En réalité, on connaît très peu la vie de Pieter Brueghel l’Ancien (les quelques éléments biographiques se retrouvent d’ailleurs en fin d’ouvrage). Le récit est ici fantasmé autour de l’œuvre du peintre, surtout le célébrissime Les Chasseurs dans la neige. Avec une plume précise, Jean-Yves Laurichesse nous plonge dans la vie des villageois plongés dans un hiver âpre et sans concession. En décrivant pas à pas le tableau, il nous dévoile les us et coutume de chacun et les différents corps de métiers, ainsi que les distractions qui existaient malgré tout. Le tableau se construit peu à peu au fil de la narration et nous nous trouvons complètement immergés dans l’œuvre. Ce côté immersif est fortement plaisant, donnant presque l’impression de créer nous même une part du tableau. L’auteur donne vie aux différents personnages. Il nous offre un contexte et des intentions. Il magnifie aussi le peintre et sa création.

Après avoir lu l’ouvrage, je regarde le tableau (que j’aimais déjà beaucoup) différemment. Il m’est devenu hyper familier car j’y vois une histoire. Sans doute en raconte-t-il une autre, d’ailleurs auparavant j’avais aussi une version propre, mais celle proposée par Jean-Yves Laurichesse sonne si juste qu’elle donne presque vie au tableau. Comme ces personnages qui prennent vie la nuit dans les musées de cire abandonnés…
Une magnifique mise en valeur du tableau mais aussi de l’art de créer en général.

Tiphaine