Le Chant d’Ekhirit Année de sortie : 2009

Auteur : MAY Olivier
Editeur : Griffe d'Encre



Date de Parution : 15 septembre 2009

Illustration de couverture : Zariel

ISBN : 978-2-917718-12-4

La science fiction et plus particulièrement l’anticipation traient régulièrement de sujets graves et sérieux. Souvent des extrapolations de notre système de vie actuelle poussé à l’extrême pour mettre en exergue ses travers et nous mettre en garde. Le Chant d’Ekhirit fait partie de ces textes qui ne sont pas drôles, qui font froid dans le dos et qui mettent mal à l’aise pendant, puis après leur lecture.

Olivier May nous transporte à Rhodes, le 24 juillet 2017. Une date terrible pour la famille Zorn : celle de la disparition ou plus exactement de l’enlèvement de la jeune Maya, 7 ans, presque sous les yeux de son frère aîné, Jon. A compter de ce jour, un sentiment de culpabilité va envahir Jon. Mais également une force colossale qui va le pousser à passer de l’autre côté de la barrière, pour obtenir sa vengeance. Nous retrouvons la famille en 2024 : Les parents (Valentin et Lara) travaillent quotidiennement sur leur deuil. Mais Jon ne peut s’y résoudre. C’est la raison pour laquelle, à l’occasion de leur voyage dans un monastère bouriate, au bord du lac Baîkal, lorsque le couple et son fils se trouveront face à Ekhirit, Jon ne pourra écouter son chant : son cœur n’est pas pur. Il n’est pas encore prêt à accéder à sa renaissance. Il n’est pas prêt à accepter la disparition de sa sœur. Qu’à cela ne tienne, Jon est rongé par la colère et alors ! Il n’a qu’une seule idée en tête : retrouver sa sœur et faire payer à tous ceux qui l’on utilisée comme une simple marchandise, via le Triple W, ironiquement dénommé le World Wide Wellness. Mais à vouloir chercher dans l’obscurité, Jon va découvrir des choses intolérables, abjectes et repoussantes. Saura-t-il garder son équilibre mental ? Ses parents comprendront-ils son action ? Et tout cela pour quel résultat ? Je vous laisse le découvrir tout au long de 85 pages de cette novella.

Olivier May nous livre un texte passionnant, nous montrant les dérives de notre Internet, qui peut nous offrir le meilleur comme le pire. Permettant de communiquer et de montrer toute sorte d’images ou de vidéos, de se réunir grâce aux forums, la toile possède déjà ses coins sombres. Ceux où vous ne devez pas aller en temps normal, ceux qui n’aiment pas la lumière des projecteurs. Ces recoins glauques, repères mal famés, répliques des ruelles sordides des bas-fonds des grandes villes, existent bel et bien. Cachés dernières de belles vitrines, pour ne pas se faire remarquer par les autorités, utilisant tous les stratagèmes pour continuer de distiller leur drogue immonde à des cerveaux malades et pourtant encore en liberté.

Si Olivier May écrit avec une très grande pudeur, le sens caché des mots est pourtant très clair. Ames sensibles s’abstenir, car comme Jon (mais pour des raisons diamétralement opposées) vous n’êtes pas prêts à découvrir Le Chant d’Ekhirit. Quoi que…

Pour les autres, vous allez pouvoir découvrir tout le talent d’Olivier May : sa capacité d’évocation, la facilité qu’il a de vous faire visualiser le texte que vous lisez. Vous allez prendre parti pour ou contre les actions de Jon, de Valentin et de Lara. Mais au final, vous repenserez aux émotions que vous a provoqué Le Chant d’Ekhirit. Et vous mettrez en perspective vos réactions. Ainsi vous aussi de renaîtrez, après avoir rencontré Ekhirit.

Bonne lecture à tous, pour le pire (ce que vont vivre les protagonistes) et pour le meilleur (le plaisir de (re)découvrir un grand auteur qu’est Olivier May). Oliver May, qui a pris pour habitude de traiter des sujets qui dérangent, sur fond d’anticipation, allez découvrir ses précédents romans aux Editions A La Carte.

Un livre indispensable, dur comme la réalité qui nous entoure et pourtant si plaisant.

Xavier