Dracula L'immortelAnnée de sortie : 2009

Auteur : STOKER Dacre/HOLT Ian
Editeur : Michel Laffon




Roman broché/ 512 pages


Illustrations : Patrice Garcia


Date de parution : 15 octobre 2009


ISBN : 9782749911090


Les rumeurs allaient bon train depuis longtemps quant à une suite du chef d’œuvre de Bram Stoker. Automne 2009, « Dracula l’immortel » se retrouve enfin dans les bacs avec aux commandes pas moins de deux auteurs : Dacre Stoker, l’arrière petit neveu de Bram et Ian Holt, un scénariste. Riches des notes de Bram Stoker, ils vont donner leur version du mythe en le revisitant complètement.


Autant le dire tout de suite je n’adhère pas du tout. Pensant retrouver un style proche du roman initial, ma première surprise fut de découvrir que celui-ci ne serait pas écrit en style épistolaire. Une première lettre de Mina Harker à son fils ouvre certes ce nouveau récit mais ensuite tout sera écrit de manière plus conventionnelle.


En gros, les notes de Bram Stoker semblent servir de base aux souvenirs des personnages qui se rappellent leur vie avant le traumatisme que fut leur rencontre avec le Comte. Cela s’avérait alléchant sur le papier. Cependant, les auteurs prennent un malin plaisir à détourner le mythe. Rendant les anciens héros, maintenant vieillissants, complètement misérables : l’un drogué, l’autre alcoolique… Seul Dracula s’en sort avec les honneurs, tel un défenseur des opprimés qui ne mord que pour « sauver » ses victimes. Une vision pour le moins surprenante vous en conviendrez même si elle n’est pas dénuée d’intérêt.


Au niveau de l’histoire, les héros ont pris de l’âge et nous suivons leur déclin en même temps que la destinée de Quincey Harker, fils auquel Mina écrit en tout début de roman. Une vague de meurtres mystérieux se répand soudain et de nouveau Mina est sur le qui-vive. Elle mène son enquête. Le coupable se révèle féminin et n’est autre que la cousine du Comte Dracula, Elisabeth Bàthory, folle de jalousie et ivre de vengeance.


A mon avis vraiment trop d’éléments qui détruisent savamment la narration mythique du « Dracula » d’origine.


Bref, il faut se rendre à l’évidence, on n’aurait jamais dû parler de « suite ». Il s’agit du principal défaut de ce roman.


En reprenant simplement les personnages et en brodant une toute nouvelle narration comme cela a déjà été fait dans plusieurs ouvrages précédemment, on obtenait un roman tout à fait correct. Ecrit dans un style simple mais assez bien léché, ce récit vampirique s’avérait original et tout en clins d’œil. Mais je trouve franchement dommage de le présenter comme la suite d’un livre qui n’en avait pas besoin.

Tiphaine