Santuaire, tome 1 : Cap Sur l'ArmageddonAnnée de sortie : 2010

Auteur : WEBER David
Editeur : Bragelonne



Roman Broché

Couverture : Gary Jarnoz

Date de parution : 19/02/2010

ISBN : 9782352943716

Une nouvelle saga de space opéra débute avec Cap sur l’Armageddon (Sanctuaire – 1) de David Weber. Tout de suite on pense à sa saga avec Honor Harrington qui avait poussé le space opéra militaire très loin dans sa description des combats d’immenses flottes de vaisseaux de guerre à travers les systèmes planétaires.

Cette fois-ci, il change d’échelle puisque l’histoire se déroule à 80% sur une planète et plus particulièrement sur les océans et surtout à un niveau technologique totalement différent… Mais revenons aux origines de cette saga.

Un début classique mais toujours aussi efficace (on retrouve les recettes qui avaient fait le succès des livres sur Honor Harrington) avec l’affrontement des vaisseaux de la fédération humaine contre ceux des Gbabas, aliens quelque peu vindicatifs dont le but est l’éradication de la race humaine.

Pas de chance pour les hommes, c’est la bérézina, et après un conflit de quelques décennies, la flotte humaine et ses mondes sont détruits.

Prévoyant cette destiné fatale (le niveau de technologie de la fédération étant trop faible pour le moment pour battre les Gbabas), un projet de colonisation secrète d’un système planétaire lointain se met en place. C’est l’opération « Arche ». Nous retrouvons ici la thématique de la colonie perdue que David Weber avait déjà abordée dans « la lune des mutins ».

L’objectif étant de mettre à l’abri quelques centaines de milliers de colons, d’attendre quelques millénaires sans émissions technologiques, ce qui évite que les Gbabas ne détectent cette nouvelle colonie et d’ensuite entreprendre une nouvelle ascension scientifique.

Pour ce faire, les colons sont reconditionnés mentalement afin qu’ils rejettent toute technologie. Une religion est créée, la gestion d’effets divins étant fort simple pour ceux qui détiennent encore quelques sources de technologies.

Bien sûr, des groupes de résistance ne sont pas d’accord et infiltrent le projet en copiant l’esprit et les souvenirs d’une capitaine de vaisseaux, Nimue Alban, dans un avatar (enveloppe charnelle hautement sophistiquée). Cet avatar sera secrètement amené sur le nouveau monde ainsi que toute l’infrastructure nécessaire pour se rebeller plus tard.

Après plusieurs années sur cette nouvelle planète, les pseudos religieux aux commandes prennent un peu trop goût au pouvoir et le système religieux tourne rapidement en théocratie omnisciente et inquisitrice.

On retrouve notre petit monde 800 ans plus tard, Sanctuaire étant alors composé de royaumes terrestres ou marins mais tous sous l’égide du pouvoir religieux qui contrôle toutes les cours royales.

C’est à ce moment là que l’avatar contenant la mémoire de Nimue Alban se réveille et va bousculer l’ordre établi en aidant le royaume de Charis, un empire marin assez éloigné de la capitale religieuse et assez ouvert aux innovations considérées comme hérétiques par l’église. Nimue protégera physiquement le prince héritier des complots des 4 cardinaux de l’église, donnera les petits coups de pouces nécessaires à l’amélioration technique des bateaux de guerres et utilisera tout son arsenal de détecteurs pour espionner les ennemis de Charis. Ce mélange de niveaux technologiques est particulièrement bien utilisé par David Weber, ce qui donne beaucoup de charme au texte.

Le roman est agréable à lire, David Weber faisant toujours simple et efficace, les intrigues sont digestes et on se familiarise rapidement avec les différents protagonistes. Et bien sûr le roman se finit par une belle et grosse bataille navale parfaitement orchestrée par l’auteur. Vous allez pouvoir vous régaler pendant plusieurs dizaines de pages de description d’affrontements véritablement impressionnants.

Par moment, cela me faisait un peu penser au jeu ‘Civilisation’ où l’on suit l’évolution d’un peuple avec les avancées technologiques. Comme dans le jeu, quand une galère rencontre un galion, et bien il vaut mieux être sur le galion.

Seul petit reproche le caractère un peu transparent de Nimue, difficile de s’identifier à une femme dont l’esprit et les souvenirs ont été copiés puis transposés dans un corps d’homme 800 ans plus tard. Espérons qu’elle se révèlera dans les prochains tomes.

Après ce premier volet, on espère que l’humanité va se relever rapidement et mettre une bonne raclée aux Gbabas !

Nicolas G.