Les Misérables, d’après V.HUGO, vol.1 Année de sortie : 2015

Auteur : ARAI Takahiro
Editeur : Kurokawa



Collection Seinen
256 pages NB (+1couleurs)
Traduction : Nesrine MEZOUANE
Date de parution : 12 mars 2015
ISBN : 978-2-368-52141-0

Aux lendemains de la Révolution Française, Jean enchaîne comme il peut les petits travaux journaliers afin de faire vivre sa sœur et les sept enfants de celle-ci. Mais les rentrées d’argent restent trop faibles. Un jour, épuisé, affamé, il tente de dérober une miche de pain pour nourrir les siens. Immédiatement arrêté, il se fait condamner au bagne pour quatre ans. Plein de rancœur, il cherche de nombreuses fois à s’échapper, prolongeant d’autant son calvaire. En sortant du Bagne de Toulon, après 19 ans, il a perdu repaires, identité et dignité. Ses proches l’ont oublié et il ne trouve aucune personne acceptant de lui confier un travail. Seul l’humble et bon évêque de Digne lui offre son hospitalité et sa bonté…

Il faut bien l’avouer, j’étais relativement sceptique à l’annonce de la publication d’une adaptation manga du roman de Victor Hugo. Tout d’abord parce que la vision japonaise sur les classiques ou l’Histoire européenne apparaît toujours très décalée. Ensuite parce que je n’étais pas certaine que le manga fut un média adapté à ce récit.
Force est de constater que je me suis lourdement trompée. Non seulement ce volume un remplit amplement le contrat mais en plus il s’agit d’un des meilleurs shônen que je lis depuis quelques semaines !

L’adaptation y est à la fois fidèle et personnelle avec des illustrations vraiment soignées et de toute beauté. Contrairement à l’adaptation de 2011 publiée chez Soleil Manga, cette version ne se décline pas en one shot et permet une certaine exhaustivité. Takahiro Arai prend ainsi le temps de présenter les démons intérieurs qui rongent Jean Valjean.
Les épreuves lui font perdre son bon sens, sa vie, son identité et au fil des coups durs, on le voit peu à peu se transformer en bête (métaphore du Lion assez intéressante). La liberté ne lui permettra pas immédiatement de retrouver ses esprits et nous assistons à une dualité schizophrène dans les actions du personnage. La conscience réelle lutte avec la mauvaise conscience, celle qui mène à la folie (destructrice pour l’être lui-même). Et tout cela, on l’observe case après case, car le mangaka l’a retranscrit avec une minutie et une justesse extrêmes.

Une excellente adaptation que nous conseillons à tous les amateurs de l’œuvre originelle mais aussi à tous les amateurs de mangas de qualité car celui-ci en possède de très nombreuses !


Tiphaine