The Ghost In The Shell perfect Edition, vol.2Année de sortie : 2017

Auteur : MASAMUNE Shirow
Editeur : Glénat Manga



Collection Seinen
Couverture souple/304pages couleurs et NB
Date de parution : 7 juin 2017
ISBN : 978-2-7234-9704-6

Ce deuxième volume de The Ghost In The Shell a été travaillé pour cette « perfect edition » avec l’auteur. Et comme celui-ci le précise : il n’y a pas de lien direct entre l’histoire du premier volume et celui-ci. Au point que Masamune Shirow a pensé changer le titre de son manga, pour ne pas trop perturber les fans. Comme vous le constatez, le titre est resté, tant mieux.

Si vous aimez les univers cyberpunk, un peu sexy, vous allez vous faire plaisir d’un point de vue cérébral et visuel.
L’histoire de ce « Man Machine Interface » comporte plusieurs niveaux successifs qu’il va falloir suivre jusqu’à son dénouement. Une bonne partie de l’action se passe dans le réseau, il faudra être bien accroché pour ne pas perdre le fil et comprendre les enjeux, ainsi que les différentes techniques d’attaques et de défenses utilisées.

Tout commence avec une attaque sur une usine de clonage où sont élevés des cochons. Pourquoi avoir attaqué cette usine, pourquoi s’en prendre aux animaux ? Les premiers éléments de l’enquête donnent envie d’en savoir d’avantage. Et de fil en aiguille, on tombe sur une enquête qui met en jeu des satellites, des intelligences artificielles surboostées et une réflexion sur les relations humaines…
Car au-delà de l’action qui se déroule dans ses mangas, Masamune Shirow a toujours une pensée philosophique, voire ésotérique. Cette partie de l’histoire est réservée aux dernières pages du manga, là où vous allez pouvoir recoller tous les morceaux et comprendre à quel point toute cette investigation était importante.

Le travail réalisé pour « Man Machine Interface » fait forte impression, par le nombre de pages en couleurs, ce qui est assez rare pour un manga.
Cela permet aussi d’avoir quelques repaires pour reconnaître les personnages féminins, car elles ont presque toutes le même corps de robot. Avoir de la couleur sur les yeux ou les cheveux est un petit plus non négligeable pour savoir ce qui se passe.
Sur le sujet de la représentation graphique des personnages féminins, vous avez plusieurs notes de l’auteur qui s’amuse de ses choix. Il est vrai que les positions sont plus que suggestives, même s’il s’agit de robots. Cela fait partie de l’œuvre, nous n’y voyons rien à redire même si une tenue plus habillée aurait permis de montrer le manga aux plus jeunes. Mais le niveau de lecture de « Man Machine Interface » n’est pas pour les enfants. De ce fait, rien de choquant aux silhouettes athlétiques que vous verrez sous tous les angles.

Le dessin des réseaux est aussi à souligner. Rien n’est plus délicat (ou presque) que de rendre attractif un enchevêtrement d’informations, de câbles, de liens électriques et de composants électroniques. Masamune Shirow réussit l’exploit d’en faire quelque chose de visuel, qui frappe la rétine et qui est très expressif. Lorsque vous voyez ses planches, si détaillées, si travaillées, vous comprenez tout de suite ce qui se passe. Et ce n’est pas une simple représentation façon circuit imprimé. Il y a du volume, de nombreux modules etc. Un vrai travail d’orfèvre.
Le choix de dessin pour les petites aides de Motoko Aramaki (Dante, Max, Loki…) et leur incrustation dans les cases donnent un peu de fraîcheur à certaines scènes. Ce qui permet d’aérer cette histoire très cyberpunk, qui aurait pu se révéler fort étouffante, à force de se dérouler dans les réseaux.

C’est tout l’art de Masamune Shirow de toujours trouver un bon équilibre. Même s’il faut bien avouer que le scénario est assez opaque. Soyez rassurés, tout s’éclaire à la fin.
C’est une chance que de bénéficier de cette « Perfect Edition » de The Ghost In The Shell « Man Machine Interface ». Alors ne boudons pas notre plaisir et profitons en.

Xavier