TokkôAnnée de sortie : 2007

Auteur : FUJISAWA Tôru
Editeur : Senpai/Pika







L’auteur de GTO, Tôru Fujisawa, change de style avec TOKKÔ. Même si l’on retrouve le même état d’esprit, avec de petites réflexions à l’humour décalé dans les dialogues, l’histoire de TOKKÔ se déroule dans un monde fantastique, voir horrifique. Nous allons suivre tout au long de 3 volumes de cette mini-série (qui a été adaptée également en animé), un frère et sa sœur. Tous deux agents de police. Lui vient de finir sa formation d’officier, elle est simple agent. Ces deux protagonistes, Ranmaru Shindô et Saya Shindô, sont orphelins depuis le massacre qui a eu lieu dans un bâtiment de Tokyo en 2011 : 382 personnes tuées. Ils font partie des rares survivants parmi les habitants. Cette tuerie étant inexpliquée, Ranmaru Shindô a décidé de devenir policier pour pouvoir rouvrir l’enquête. Et le grand jour arrive enfin avec les affectations des jeunes promus de la police : la Tokki. Comme à son habitude, Ranmaru Shindô arrive en retard, ce qui lui vaut les remarques de son camarade Hanazono. Ce dernier ayant pour habitude de fréquenter les bordels (comme souvent dans les mangas les personnages ont des déviances ou des fantasmes inavouables). Ranmaru Shindô lui explique que c’est parce qu’il a encore rêvé d’une fille aux cheveux rouge, armée d’une longue épée, se trouvant au milieu d’une pièce remplie de cadavres démembrés.


En intégrant la police, dans une section spécialisée dans les meurtres sordides, violents, Ranmaru Shindô ne se doute absolument pas de ce qui l’attend. Car s’il pense avoir forcé le destin, afin de pouvoir expliquer le massacre de son enfance, le fait de découvrir que la fille aux cheveux rouge de son rêve est elle-même membre de la police, dans la section spéciale « TOKKÔ ». Section dont les membres sont très peu nombreux et qui portent un sabre ou une épée. Il se raconte beaucoup de choses sur les membres de la TOKKÔ, mais est-il possible que tout soit vrai. Il y aurait-il un lien entre Ranmaru Shindô et cette fille aux cheveux rouges bien plus puissant que ce rêve…


Ranmaru Shindô va bientôt s’en apercevoir, car les meurtres se multiplient, dans des conditions forts étranges, certains témoins parlent de cannibales, d’autres sont persuadés d’avoir vu le diable en personne…


Le scénario est très intéressant. En faisant intervenir plusieurs protagonistes d’importance, Tôru Fujisawa permet de confronter les points de vue. Le fait de présenter chaque personnage à la fin du manga, permet d’en savoir un peu plus sur eux. Et l’idée de mettre le journal intime de Kunikida, chef du secteur Sibuya de la brigade Mobile Spéciale d’Investigation, sur les dernières pages, permet de comprendre un peu plus ce qui se passe. Et surtout la chronologie des événements. Le premier volume nous laisse avec un véritable cliffhanger. Vivement que le deuxième soit disponible pour savoir comment vont évoluer les choses. Mal bien évidement, mais jusqu’à quel point…


Pour ce qui est du dessin, Tôru Fujisawa connait son affaire, rien à redire. Les premières pages, en couleur, sur papier glacé, sont très belles. Pour la suite du manga, en noir et blanc, évidement, le trait est précis. Il y a très peu de déformation des personnages, même en situation de blague. Les scènes de combat sont bien découpées. L’angoisse des victimes, la violence des attaques est bien retranscrite.


Pika Editions nous permet, au travers de sa section SENPAI, de découvrir, avec TOKKÔ, une nouvelle facette de ce mangaka de renom qu’est Tôru Fujisawa. Une facette plus sombre, plus malsaine, plus violente que celle proposée par GTO. Si le côté obscur ne vous fait pas peur, si les monstres vous fascinent et que les mystères vous passionnent, alors TOKKÔ est fait pour vous.