AshmanAnnée de sortie : 2009

Auteur : KISHIRO Yukito
Editeur : Glenat Manga



Collection : Seinen

128pages NB

Date de parution : 1er juillet 2009

ISBN : 978-2-7234-7196-1

Si vous avez lu Gunnm ou Gunnm Last Order, vous connaissez le MotorBall : ces courses en roller où le but est qu’une balle passe trois fois la ligne d’arrivée, peu importe qui la porte. Tous les coups sont permis sur le circuit. Toutes les améliorations physiques aussi : cybernétique, drogues, etc. Tant que le public apprécie, les organisateurs approuvent les dérives ne regardant que l’évolution du chiffre d’affaire.

Dans ce monde impitoyable nous allons suivre un instant la vie d’un coureur qui n’a vraiment pas de chance : Snev. Il se crashe à chaque course, finissant en pièces détachées éparpillées sur la piste. C’est d’ailleurs la cause de son licenciement. Il va aller trouver du réconfort dans les bras de Beretta, une jolie prostituée qui lui tire les cartes et lui promet qu’il retournera sur les circuits pour gagner prochainement. Et c’est ce qui se passe. Snev est rappelé par son équipe. Mais lorsqu’il veut annoncer la bonne nouvelle à Beretta, il ne trouve qu’une immense trace de sang. Beretta a été assassinée. Snev va alors tenter de comprendre ce qui s’est passé. Et ce qu’il va trouver n’est pas beau à voir.

Ashman est un spin-off qui nous plonge dans l’univers glauque et repoussant du MotorBall. Vous allez découvrir l’envers du décor de ces courses sans merci qui passionnent les foules.

Extrêmement violent d’un point de vue graphique, comme d’un point de vue psychologique, ce manga est indispensable pour les fans de Gunnm. Pour les autres, il vous permettra de vous familiariser avec l’univers développé par Yukito Kishiro : un monde cyber-futuriste où l’élite vit tranquillement, alors que dans la décharge, les exclus survivent dans une violence quotidienne où générosité est synonyme de mort assurée. Ici encore les morts seront nombreux, souvent des innocents. S’il y a bien une morale a cette histoire, elle est tout de même bien triste à découvrir.

Quoi qu’il en soit, la dureté du propos de Yukito Kishiro est aussi sa force. En prenant à bras le corps les problèmes de notre société et en les exacerbant, il souligne les dérives de notre système. Si la lumière crue de son scénario fait aussi mal, c’est qu’il ne fait qu’appuyer sur un point déjà existant. A nous de prendre du recul et d’éviter que la souffrance ne se développe d’avantage.

Vous pouvez également prendre le manga au premier degré, vous passerez aussi un très bon moment, car le dessin de Yukito Kishiro, avec une parfaite maîtrise du noir et blanc est toujours passionnant à admirer (l’influence de Frank Miller se fait particulièrement sentir).

Ashman est de nouveau disponible avec cette réédition dans un format plus proche de l’édition originale, il serait dommage de vous en priver.

Xavier