Dorothéa, le châtiment des sorcières, vol.6Année de sortie : 2009

Auteur : CUVIÉ
Editeur : Asuka



Collection : Seinen

194 pages couleurs/NB

Date de parution : 26 Novembre 2009

ISBN : 978-2-84965-700-3

Très lasse, Dorothéa décide, contre l’avis de ses frères de combat et de son chef protecteur, de se rendre et de se faire emprisonner en tant que sorcière. Elle souhaite ainsi, si ce n’est rétablir un semblant de paix, au moins porter secours à sa grand-mère, également prisonnière. Dans le même temps, Else prend ses responsabilités face au peuple de Nauders qui l’a toujours soutenue. Gyurk quant à lui assume ses sentiments et part à la recherche de Dorothéa maintenant que Else est sauve. Le chef des mercenaires poursuit les combats et tente de comprendre la mystérieuse disparition de sa maîtresse, dont il était amoureux.

Les scènes sont rudes, notamment dans la prison. On nous laisse imaginer à quel point les tortures infligées ont été horribles et Dorothéa n’hésite pas à jouer de son corps et à l’offrir pour s’en sortir. Elle a bien changé depuis le volume 1. Son âme est maintenant d’une dureté sans égale et elle a perdu son innocence d’enfant. Pourra-t-elle obtenir ce qu’elle était venue chercher en s’engageant dans l’armée, le regard clairvoyant ? C’est également dans ce tome que l’expression « la châtiment des sorcières » va prendre toute sa dimension et tout son sens.

Voici donc le dernier volume de la série. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’est pas décevant. Le récit est bouclé et son héroïne, loin de revenir à la naïveté et à la candeur des débuts de l’histoire, poursuit sa route dans la logique du récit. Chaque destinée a été très bien étudiée et les sentiments, s’ils sont là, ne prennent pas une place démesurée.

« Dorothéa, le châtiment des sorcières » est un seinen prenant et agréable à lire, notamment par un dessin très travaillé et offrant des combats tout en mouvements. Les personnages sont typés et plutôt originaux. On est sur le manga de détournement historique s’appuyant sur une vision déformée de l’Histoire européenne, en l’occurrence ici l’épopée de Jeanne D’Arc, plusieurs fois citée dans la série. Les scènes de batailles s’avèrent parfois très violentes et on ne nous épargne pas les pillages, les viols « gratuits » ni les meurtres. Les propos sont ceux de la guerre et le récit se veut engagé, dénonçant le non respect de la différence d’autrui.

En conclusion, ce seinen en six volumes est intéressant dans son ensemble et ne perd pas en qualité au fil des épisodes. La série renouvelle le genre et vaut donc le coup d’être découverte.

Tiphaine