Les Fabriques de la mort, 1-Le Journal de Jonathan HarvesterAnnée de sortie : 2012

Auteur : SLOCOMBE/MARTIN/FROISSARD
Editeur : Delcourt



Collection Machination
Album cartonné/48 pages couleurs
Date de parution : 7 mars 2012
ISBN : 978-2-7560-1863-8

Quelle bien étrange histoire que celle que nous propose Romain Slocombe. Celle-ci se déroule au Japon. Un journaliste scientifique est l’invité d’un éminent chercheur dont le domaine de prédilection est le sang. Une fois sur place, un obscure passé semble vouloir refaire surface.

Le plus surprenant, au-delà de l’histoire en elle-même, ce sont les références utilisées par Romain Slocombe et les transformations qu’il leur a fait subir. Ainsi, vous reconnaîtrez sans aucune difficulté la libre influence du roman Dracula de Bram Stocker. Déjà par les noms des personnages. Ensuite par leurs actions. Ainsi le journaliste scientifique s’appelle Jonathan Harvester. Il écrit des e-mails à sa femme tous les jours ou sinon il note les rêves étranges qu’il fait. Et bien sur, ces recherches sur le sang.

Au-delà du décalage de culture qui peut exister entre ce journaliste occidental et son hôte japonais, il y a tout de même une ambiance très pesante. Rien que par les paroles prononcées par le Professeur Muraki lorsqu’il accueille Jonathan Harvester, vous vous doutez que quelque chose de surprenant peut se passer à tout moment. Le silence imposé par le professeur sur certains sujets, l’attitude se sa fille, tout est fait pour entretenir le mystère et éveiller la curiosité. Il suffit de répondre qu’il n’y a aucun problème, que la réponse ne sera pas intéressante pour au contraire vous donner envie d’en savoir bien plus. Mais à trop vouloir réveiller les démons du passé, il existe un véritable risque de tomber dans leurs griffes.

Véritable curiosité par l’histoire proposée, Les fabriques de la mort sont également surprenantes d’un point de vue graphique. Le dessin de Freddy Martin, très sombre, tout en étant par moment léger vous laisse dans une sorte d’état second. Vous vous demanderez si Jonathan vit ou cauchemarde ce qui lui arrive. A la limite des influences gothiques ou de l’impressionnisme allemand, tout en restant très contemporaine la mise en scène proposée par les cases de Freddy Martin va toujours à l’essentiel, tout en vous laissant la possibilité d’extrapoler ce qui se déroule. Face aux événements auxquels est confronté Jonathan Harvester, vous ne pouvez que vous perdre en conjonctures. Le dessin de Freddy Martin est là pour guider, par petite touche. Il vous rattrapera pour vous éviter de vous perdre, tout en vous laissant un peu dans l’inconnu pour que vous vous inquiétiez tout de même suffisamment pour Jonathan. Les non dits sont nombreux. Saurez vous lire entre les lignes et découvrir de quoi il retourne avant Jonathan ?

Suivez les péripéties que va vivre Jonathan, qui de journaliste scientifique, tentera de devenir journaliste d’investigation. Avec une révélation capitale et un cliff-hanger à la fin de ce premier tome, vous ne pourrez pas résister à l’envie de connaître la suite. Et dans ce cas, la curiosité sera votre plus grande qualité.

Xavier