Les Gardiens du Louvre Année de sortie : 2014

Auteur : TANIGUCHI Jirô
Editeur : Futuropolis



Collection du Louvre
Album cartonné/136 pages couleurs
Première édition : 24/11/2014
Format 230 x 325 mm
ISBN : 9782754810159

A l’issue d’un salon barcelonais, le narrateur décide de passer cinq jours en solitaire dans la capitale française. Il n’a jamais visité ses musées et souhaite notamment passer trois jours à l’exploration des collections du Louvre. Pris d’une mauvaise fièvre, il se perd dans les méandres de son délire jusqu’à un voyage initiatique dans l’histoire d’œuvres ou d’auteurs fameux du musée comme Corot ou Van Gogh. Il traverse aussi la période tourmentée de la Seconde Guerre Mondiale.

Les éditions Futuropolis et Louvre éditions s’associent depuis plusieurs années déjà pour s’offrir des œuvres originales sur le Louvre, créés par des auteurs de BD. En mai 2013, le tokyoïte Jirô Taniguchi a pu explorer les méandres de ce haut lieu de l’Art et en a fantasmé Les Gardiens du Louvre.

Comme une promenade nostalgique qui pourrait presque être autobiographique, nous plongeons dans différents courants picturaux, dans des événements marquants de la vie du Louvre. Le récit bascule rapidement dans une sorte de fantastique réaliste où le narrateur traverse les époques dans un musée où disparaissent les interminables files d’attente.

Où commence le rêve ? Quand sommes nous dans le réel ? Difficile à discerner. Tout est brouillé par l’état fébrile du narrateur alors même que le trait délicat et détaillé de Tanigushi est précisé par les magnifiques couleurs directes utilisées dans l’ouvrage.
L’effet décalé est amplifié par le sens de lecture « à la japonaise » de la bande dessinée. On voyage, on découvre. Et le plus formidable est de rendre hommage à des artistes qui rendaient hommage comme ces artistes et poètes japonais qui plébiscitait Corot dans leur Expo Universelle. Ou bien comme ce vibrant témoignage envers le conservateur qui a tout donné pour déplacer et protéger les œuvres lors de la Seconde Guerre Mondiale.

L’album reste un peu académique et sans doute dépourvu d’un vrai fil conducteur pour rester cohérent de bout en bout. Mais il s’agit bel et bien d’une œuvre d’art en lui-même. Une nouvelle démonstration de talent de conteur nostalgique de Tanigushi. Ainsi qu’une jolie incursion dans l’imagination et dans les processus de création artistique.


Tiphaine