SykesAnnée de sortie : 2015

Auteur : DUBOIS/ARMAND
Editeur : Le Lombard



Collection Signé
Album cartonné/ 80 pages couleurs
Date de parution : 6 novembre 2015
ISBN : 9782803632268

Quand le jeune Jim Starret se retrouve face avec un imposant Sykes à cheval, il ne se montre pas impressionné. Mais le cavalier met le garçon et sa mère en garde : lui ne leur veut rien mais un groupe de bandit rôde non loin de la ferme isolé. Il leur conseille de fuir.
C’est donc naturellement Sykes, que le jeune Starret va rechercher après l’attaque de la ferme et de sa mère. Seul ce marshall implacable à la réputation de tireur imbattable pourra l’aider à assouvir sa vengeance.
Mais Sykes n’a pas l’intention de s’encombrer d’un gamin pour traquer de dangereux hors-la-loi. C’est sans compter sur l’opiniâtreté de Jim, qui n’a de toute façon plus rien à perdre…

Pierre Dubois abandonne le merveilleux et le Petit Peuple pour nous offrir un authentique western américain comme nous les proposait Eddy dans sa « dernière séance ». Un récit âpre centré sur des personnages écorchés vifs, avec des caractères tortueux. Une traque sous forme de horse movie qui prend quasiment les apparences d’une quête initiatique pour le jeune Jim Starret. On sent l’amour du scénariste pour ces paysages rouge orangé, ce sable poussiéreux et ces ambiances mêlant vengeance, traque, duels et saloon.
L’histoire nous tient de bout en bout pour s’achever dans un final à la fois logique et détonnant. Pas vraiment inattendu mais d’une force dramatique impressionnante.

Si le récit s’inscrit véritablement dans un western US pur et dur, les visuels suivent le même sentier ! Dimitri Armand retranscrit admirablement bien les expressions de ces personnages et surtout l’allure mystérieuse et assez sombre de Sykes. Décharné, usé, il semble néanmoins inébranlable. Les plans, les paysages, les décors rappellent vraiment les chefs d’œuvres en cinémascope et technicolor des studios d’Hollywood. Les chevaux ne sont pas omniprésents dans ce western, parfois masqués ou apparaissant avec un détail sur un fer ou une tête, en contre jour etc. Sur ceux qui occupent bel et bien les cases, sont plutôt bien proportionnés malgré des oreilles un peu trop grandes ou courbées pour d’authentiques coursiers de l’Ouest et une propulsion parfois exacerbée notamment sur les sauts. L’exercice est loin d’être évident et au regard de l’album dans son ensemble on peut considérer l’essai équestre comme transformé.

Pour tout amateur de western, c’est un pur plaisir de retrouver un album d’une telle classe dans cette très bonne collection Signé. Pour les autres, le récit aux finitions soignées et le superbe dessin permettront un beau voyage au pays de la BD. Un des musts de la fin d’année.

Tiphaine