ArtemisiaAnnée de sortie : 2017

Auteur : FERLUT Nathalie/BAUDOUIN Tamia
Editeur : Delcourt



Collection Mirages/Delcourt
Album cartonné/ pages couleurs
Date de parution : 16/08/2017
ISBN : 978-2-7560-7435-1

Alors que le Caravage instaure un nouveau style pictural qui fait des émules, un de ses successeurs, Gentileschi ne pense qu’à sa peinture tandis que ses trois enfants grandissent sans mère. L’aînée, Artémisia, est la seule qui montre un intérêt pour la peinture. Mieux que de simplement préparer les poudres et les pinceaux pour son père, elle peint elle-même dès son enfance et se montre plutôt douée. Mais à cette époque, les femmes ne peuvent exercer cet art librement et surtout en vivre.
Un jour, Gentileschi demande à un ami spécialiste de la perspective d’enseigner à sa fille. Au lieu de cela, la très jeune fille est violée régulièrement et victime d’un chantage. Plus tard, elle osera témoigner pour un procès détonnant, mettant en jeu son honneur. Son talent et son caractère hors norme la mènent jusqu’à l’Académie des Arts. C’est la première femme a y accéder…

Le parti pris des auteurs de présenter cette biographie sur le versant romanesque avec en plus une narratrice qui découvre l’histoire de sa propre mère en même temps que nous, tend à effacer la prouesse technique de cette artiste caravagesque. On s’attache plus à la force de caractère d’Artémisia et à ses combats, limite féministes avant l’heure, qu’à son immense talent. Certes, on parle de son ascension et du succès qu’elle obtint mais l’art passe toujours après les aléas de sa vie sentimentale. Cela donne une histoire très feuilletonesque qui fonctionne à merveille et séduira de nombreux lecteurs en quête d’une aventure hors du commun. Mais cela laisse un peu sur sa faim quand on s’intéresse à l’Histoire de l’Art et à l’influence de certains artistes. Les représentations de Judith et Holopherne par Artémisia sont particulièrement saisissantes (et assez horrifiques dans leur réalisme il faut bien le dire) et auraient mérité de détailler un peu le cheminement de l’artiste pour les créer (pas juste la présumée représentation de son violeur sur la tête coupée).

Tiphaine