Dark Museum, 2- Le Cri Année de sortie : 2017

Auteur : ALCANTE/GIHEF/BRAHY L.
Editeur : Delcourt



Collection : Machination
Album cartonné/ 56 pages couleurs
Date de parution : 07/09/2017
ISBN : 978-2-7560-6209-9

Vous connaissez tous (je pense) le tableau d’Edvard Munch, Le Cri, dont vous pouvez voir plusieurs versions au musée national ou au musée Munch d’Oslo.
Mais connaissez vous son origine ? Comment Edvard Munch a-t-il pu imaginer une œuvre aussi forte, qui continue d’inspirer de nombreux artistes contemporains ?
Voici ce qu’en dit l’artiste dans son journal, le 22 janvier 1892 (source wikipedia) : « Je me promenais sur un sentier avec deux amis — le soleil se couchait — tout d'un coup le ciel devint rouge sang. Je m'arrêtai, fatigué, et m'appuyai sur une clôture — il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir de la ville — mes amis continuèrent, et j'y restai, tremblant d'anxiété — je sentais un cri infini qui passait à travers l'univers et qui déchirait la nature. »
Dans cet opus de Dark Museum, vous allez retrouver Edvard Much en piteux état. Son amie Marie vient lui rendre viste, alors qu’il se trouve hospitalisé. Mais sa situation s’est dégradée à un point tel qu’il a été relégué dans l’aile des fous dangereux. Son cas dépasse les capacités de l’équipe de soin, qui ne s’occupe pas des problèmes psychiatriques.
Comment faire pour qu’il recouvre ses esprits ? D’où vient cette peur des crabes ? L’hypnose pourra-t-elle l’aider ? Et si le seul moyen de le faire redevenir lui-même, c’était de provoquer un nouveau choc, pour inverser le traumatisme ? La solution se trouve semble-t-il à l’autre bout de la planète. Un long chemin, qui laissera des traces à tout jamais.
Je vous conseille de lire ce volume de Dark Museum en premier, puis d’aller rechercher différentes informations sur cette série de tableaux d’Edvard Munch, pour ne pas vous spoiler le scénario élaboré par Alcante et Gihef. Ce mélange entre faits historiques et digressions fantastiques trouve un très bel équilibre.
Les thèmes du sang et du feu sont bien exploités. Ces sujets que nous retrouvons à maintes reprises dans la culture gothique trouvent un nouvel écho dans cette BD. L’époque (fin du XIXème) permet de jouer avec les croyances, l’opposition avec la science etc.
Le rythme de la BD fait monter la pression crescendo, connaissances et dangers vont de paires, comme dans un univers chtulien.
Le dessin de Luc Brahy, associé aux couleurs de Delphine Rieu vous plonge dans un univers fin, délicat et torturé. Rien ne peut vous préparer à ce que vous allez découvrir sur les origines de ces tableaux d’Edvard Munch.
C’est un plaisir d’imaginer que cette version pourrait être la bonne. Même si cela implique une souffrance terrible, aussi bien physique que psychologique.
Je ne peux pas vous révéler toutes les références que j’ai trouvées dans ce volume de Dark Museum, sinon, je serais obligé de tout vous révéler. C’est ce qui vous fera aimer d’autant plus cette uchronie. Ou au contraire, vous trouverez qu’il ne s’agit que d’un puzzle de scènes déjà vu maintes et maintes fois.
Je pense que l’important est ailleurs : dans la mise en scène de l’explication de Donald Olson, professeur d’astrophysique, sur la source d’inspiration pour Edvard Munch.
Ce deuxième volume de Dark Museum nous confirme tout le bien que nous pensions de la série après le tome 1 consacré à « American Gothic ».


Xavier