La TomateAnnée de sortie : 2018

Auteur : REBOUL Anne-Laure/PENET Régis
Editeur : Glénat



Hors Collection
Album cartonné/96 pages couleurs
Date parution : 24/01/2018
ISBN : 9782344015919

Anne Bréjinski occupait le poste de retrancheuse pour le service d’épuration d’objets. A ce titre, elle appartient au deuxième cercle, alors qu’elle concentre la plupart de ses activités professionnelles, auprès des habitants du troisième cercle. Avant l’incident qui l’a menée a se trouver aujourd’hui enfermée dans la boîte transparente du tribunal, elle s’est toujours montrée zélée dans son travail. Mais un jour apparemment banal, tout a déraillé. Anne tente de mettre des mots sur ses émotions et sur ses actions incompréhensibles. Les juges l’écoutent, implacables.
Ce jour-là, Anne a retranché quelques objets tout en rassurant les propriétaires concernés. Parmi le stock à faire disparaître, un livre. Elle n’hésite pas. Cet ouvrage appartient au passé et n’a pas lieu d’exister dans leur monde. Mais un sachet de graines s’échappe des pages. Pour une raison inconnue, la jeune femme le garde. Mais au fil des jours elle se montre de plus en plus curieuse et se met à cultiver ce qui est un plant de tomates. De culpabilité en cachotteries, elle change d’attitude et s’éloigne de plus en plus du modèle de la citoyenne modèle.

Cette dystopie nous présente un monde lisse et froid comme le représente bien la couverture de cet album. Les personnages ont peu ou aucun sentiment. Tout est aseptisé et les émotions disparaissent. Ce présent fade et routinier efface peu à peu toute trace du passé et par là même toute identité des personnages. Tout est programmé, semblable. Rien ne doit enrayer le mécanisme.
L’idée est bonne et la SF fonctionne bien. On se rappelle bien évidemment d’œuvres comme Fahrenheit 451 du fait de la destruction des livres.
Le hic cependant c’est l’impossibilité pour le lecteur d’entrer en empathie avec des protagonistes trop vides. Même la grave erreur de l’héroïne ne semble pas calculée. On y voit plus une pulsion incomprise par celle-là même qui l’éprouve. Ainsi, on ne parvient pas à se sentir désolé pour elle. Elle reste trop passive pour cela.
De même ses relations avec ses amis et son mari manquent d’humanité. Tous se sont robotisés mais, nous, lecteurs, n’en sommes pas encore à ce point et avons clairement du mal à nous identifier un tant soit peu.

Tiphaine