Sang Royal, tome 1/2Année de sortie : 2010

Auteur : JODOROWSKY A./LIU D.
Editeur : Glénat



Collection Grafica/Glénat

Album cartonné/56 pages couleurs

Date de parution : 26 mai 2010

ISBN : 9782723469364

Voici un récit pleinement « politiquement incorrect » rempli de complots, de bassesses et de lois bafouées. Les scènes de sexe s’y révèlent proportionnellement importantes (tout en restant pertinentes par rapport à l’histoire), ce qui nous incite à avertir ici le lecteur.

Alvar, jeune roi, idole de ses troupes, reçoit une flèche en plein combat. Pour ne pas décourager ses soldats, il demande à son cousin, quasiment son sosie, de revêtir son armure. Mais le cousin, assoiffé de pouvoir, renie sa promesse de prévenir la Reine et de revenir sauver le blessé. Alvar, laissé pour mort, est recueilli par une bergère bossue et hideuse qui profite de son délire pour se faire engrosser. Dix années passent et nous retrouvons Alvar, sa compagne d’infortune et leur fille…

Avec des personnages d’un caractère noir et plus que déterminé, cette aventure renie toutes les bornes de la loyauté et de la fidélité. On est bien loin des serments d’allégeance des chevaliers au cœur pur. Chacun complote ou trahit dans son coin et on a bien du mal à se faire une idée pour choisir un héros. Les personnages sont en effet effacés devant leur fonction : un roi est un roi avant d’être une personne. Les sentiments s’avèrent exacerbés mais pas toujours à propos. Tous ces éléments rendent l’aventure extrêmement intéressante car déroutante et originale. Mais on n’en attendait pas moins d’Alejandro Jodorowky !

Que dire des illustrations sinon qu’elles sont splendides, qu’elle collent tellement à l’aventure décrite qu’on n’en imagine pas d’autres possibles ? La beauté des visages des protagonistes principaux est aussi saisissante que leur laideur intérieure. Les mouvements sont d’une fluidité impressionnante rendant les combats (entre hommes ou contre des bêtes) d’un réalisme total. Le choix des couleurs correspond à la méchanceté des âmes et à l’âpreté de cet univers.

Une œuvre noire et magnifique à ne pas manquer.

Tiphaine