La Porte Au CielAnnée de sortie : 2008

Auteur : SICOMORO/MAKYO
Editeur : Dupuis





Album Cartonné/56 pages couleurs

Edition spéciale disponible en tirage limité, présentée sous jaquette et contenant un cahier supplémentaire de six hors texte et des dessins inédits.

Coll. Aire Libre/ Edition : DUPUIS

Date de parution : 5 mars 2008

ISBN : 9782800140667



Voici un thriller psychologique à tendance fantastique qui commence sur des chapeaux de roues avec cette première partie. Nous y apprenons le contexte – assez déprimant il faut le dire – de cette histoire et nous en découvrons les différents protagonistes : trois adolescentes paumées sujettes aux tentatives de suicides, un attardé mental sous le joug d’une vieille tante perverse et autoritaire et un peintre ermite inconsolable de la disparition de sa fille huit années auparavant et qui donnerait cher pour savoir ce qui est arrivé.

Trois jeunes filles décident donc en ce début d’histoire de fuguer pour échapper au douloureux quotidien. Elles trouvent refuge dans une maison de campagne, également lieu passerelle entre le monde des vivants et celui des morts. L’ambiance du récit repose considérablement sur le symbole celtique, « la porte au ciel » dont on ne sait s’il s’agit d’une légende ou d’une réelle ouverture sur l’au-delà. Parallèlement, le voisinage est hanté, cette fois-ci par les souvenirs et les non-dits. Des curieuses relations entre un trentenaire simple d’esprit et sa tante au marasme d’un artiste quadragénaire qui cherche à comprendre la disparition de sa fille, le ton prend petit à petit de la pesanteur. L’atmosphère devient d’ailleurs quasi étouffante dans les dernières pages de ce volume et il est très frustrant de devoir attendre la seconde partie pour découvrir le fin mot de toutes ces intrigues. Le scénariste MAKYO, explique par ailleurs en fin de volume ses sources d’inspiration et nous comprenons ainsi son questionnement sur l’enlèvement. Il s’attache particulièrement à réduire les frontières entre imaginaire et réel car cela lui tient à cœur. En ce qui concerne les dessins, SICOMORO fait preuve d’un réalisme saisissant. Les expressions des personnages sont particulièrement bien étudiées et l’on voit transparaître l’état d’esprit de chacun rien qu’en regardant les traits de ces visages inquiets. Les paysages de campagne sont également très proches de la réalité. Ces dessins renforcent un peu plus le côté mystérieux de l’histoire car si tout paraît clair sous les traits de SICOMORO, les questionnements demeurent.

A l’occasion des vingt ans de la collection Aire Libre, Dupuis fait également paraître en tirage limité une version de cet album comportant des dessins inédits. De quoi s’attacher encore davantage aux trois anti-héroïnes de ce récit avec des détails de physionomie encore plus impressionnants de vérité. Bon anniversaire à Aire Libre donc et merci pour cette bien bonne initiative !

Attardez-vous quelques instants sur l’excellente couverture et cette balançoire dans la pénombre et le brouillard et vous entrerez dans l’ambiance de cet album. Et vous ne vous demanderez plus qu’une chose, le cœur légèrement serré : à quand la suite ?



Tiphaine