Baron Samedi, l'enfant de la mortAnnée de sortie : 2010

Auteur : BAKER Dog
Editeur : Treize étrange




Album cartonné/144 pages


Format comics


Date de parution : 13 octobre 2010


ISBN : 9782723473699





En Amérique du Sud, un enfant assiste au massacre des gens de son village lors du mariage de sa sœur et est laissé pour mort dans un charnier. Devenu jeune homme, vingt ans plus tard, en France, il croise la route de forains. Il découvre le catcheur « Baron Samedi » et va bientôt lui succéder, endossant son costume et apprenant toutes ses techniques.


En intervenant pour épargner l’inceste à une jeune femme dans un cimetière, Baron Samedi se fait brûler à la chaux vive et est défiguré. La belle victime lui voue cependant un culte et va s’associer à lui pour punir le crime par le crime en perpétuant des meurtres sordides et sauvages au nom de la justice.





Ambiance particulièrement glauque pour ce comic US aux décors français, tout en noir et blanc avec les violents éclats de vermillon sur le visage décomposé de l’anti-héros de cette histoire et sur les zones de carnages qui se déroulent tout au long des pages. Il devient de plus en plus difficile de supporter Baron Samedi à mesure qu’il s’enfonce dans le vice. Définitivement tordu, le pseudo vengeur n’hésite pas à allier à sa cause les victimes qu’il sauve soi-disant. Il leur apprend alors à devenir aussi sadiques que lui. Le contraste est saisissant entre la laideur physique de Baron Samedi qui reflète bien sa démence et la beauté plantureuse de sa compagne qui n’en est pas moins dérangée.





Reprenant les ingrédients de la bande dessinée US en nous servant un anti exemple total, l’auteur va jusqu’à incérer ses influences françaises dans le découpage des cases qui est bien plus important que dans le traitement « comic » traditionnel. Le fait de placer son action dans le Paris des sixties, choix incongru, lui permet un nouveau contraste entre le côté gore de son action et la référence aux enquêtes de police de l’époque. Les décors, les impers des policiers, les voitures sont authentiques et d’autant plus surprenants à rencontrer au fil de la narration.





Absolument underground, irrévérencieux et provocateur par rapport aux codes classiques, « Baron Samedi » est une œuvre entière, personnelle et particulièrement frappante, voire choquante. Si vous appréciez ce qui est différent, vous serez servi.


Tiphaine