Dark ShadowsAnnée de sortie : 2012

Réalisateur : BURTON Tim
Distribution : Warner Bros



XVIIIème siècle, Barnabas Collins, héritier du manoir de Collinport, dominant la ville du même nom, dédiée au commerce maritime dirigé par la famille, éconduit la jeune servante Angélique après avoir flirté un temps avec elle.
Epris de l’innocente Josette, il décide de l’épouser. Angélique laisse alors éclater sa colère et ses puissants pouvoirs de sorcellerie. Barnabas subit une terrible malédiction et devient un vampire.
Il se réveille dans les années 70 et retrouve ses descendants, proches de la ruine et qui font face à la prospérité de la compagnie d’une certaine Angie qui a une main mise totale sur Collinport.

Inspiré d’une sorte de soap opéra américain à succès des années 60-70 de Dan Curtis, Dark Shadows reprend les codes des feuilletons à sketches de l’époque.
Bénéficiant de l’imagerie gothique chère à Tim Burton, de ses mouvements de caméra toujours appréciables et d’un Seth Gahame-Smith toujours en verve quand il s’agit de parodie scénaristique, le film se laisse regarder avec plaisir.
On aime à retrouver la patte du réalisateur sur certaines scènes (notamment les bords de falaises et les plans sur le manoir) ainsi que le côté décalé feuilletonesque et l’opposition entre les ambiances et vêtements XVIIIème et l’époque hippie. Ces anachronismes étant renforcés par l’utilisation d’une musique carrément baba cool.

J’ai beaucoup apprécié les seconds rôles en particulier Chloë Grace Moretz qui me bluffe à chaque fois, une Michèle Pfeiffer au mieux de sa forme et la traditionnelle (et remarquée) apparition de Sir Christopher Lee en guest.
Johnny Depp (à l’origine du projet puisqu’il possède les droits du feuilleton original) campe pour moi un très bon Barnabas Collins, avec juste la bonne dose de ridicule.
En revanche, j’ai eu du mal avec Helena Bonham Carter qui en fait peut-être trop pour un personnage relativement agaçant. Je préfère nettement voir l’actrice dans un répertoire moins burtonien et moins excessif comme dans le Discours d’un roi où son jeu est remarquable.
Vous aurez droit également à un intermède musical des plus appréciables : Alice Cooper en show privé pour la soirée organisée par Barnabas Collins. Rien d’extraordinaire, mais c’est toujours agréable de voir et d’entendre Alice Cooper.

Concernant les faiblesses du film, eh bien il manque à mon sens une certaine dose de délire et de décalage, que j’apprécie par exemple dans Beetlejuice (même si ce film n’a malheureusement pas super bien vieilli). Dark Shadows aurait mérité plus de burlesque et plus d’audace.
On manque également d’empathie pour les personnages ne prenant pas partie pour leurs sentiments. Certains personnages secondaires mériteraient également d’être plus développés. Mais le but ne serait pas non plus que le film dure des heures !
Côté effets spéciaux, force est de constater le ratage complet de l’animation du (attention spoiler écrit en blanc) loup garou. (fin du spoiler)

Au final Dark Shadows est clairement à voir et à apprécier (bien évidemment en VO).
Il s’agit d’un bon divertissement, fidèle à la série mais en la dépoussiérant, et aux codes de maître Burton. Il reste cependant en dessous des longs métrages des débuts et de Big Fish.

Tiphaine


Dark Shadows - Bande Annonce officielle VOST par WarnerBrosPicturesFrance