Réalisateur : CARNIMEO Giuliano
Distribution : Artus Films

Nous vous conseillons de ne regarder que le début de la bande-annonce. Arrêtez vous au plus tard à 1 min 50, sinon, vous allez voir des éléments essentiels du film.




Bonnes funérailles, amis, Sartana paiera - trailer par apparitor




ce film Giuliano Carnimeo met une nouvelle fois en scène le personnage de Sartana. Si vous ne connaissez pas encore ce personnage, il faudra vous reporter au bonus du dvd pour visionner l'intervention de Curd Ridel.
Tourné 1 an avant Le Temps des vautours ce film est nettement moins abouti.

Vous retrouverez le talenteux et charmeur Gianni Garko (interviewé dans les bonus), qui sert comme il se doit ce personnage de Sartana, pour la deuxième fois.



L'intrigue tourne autour d'un terrain, que tout le monde prétend n'être un lopin de sable incultivable, mais qui attire de nombreuses convoitises, que ce soit de la part du banquier ou du tenancier du casino. Quelle raison à cela ? Le vieux Benson a en sa possession une énorme pétite d'or. D'un coup, ce morceau de terre pourrait se révéler le meilleur des investissements.
Malheureusement pour Benson, il se fait assassiner. Sartana qui se trouve (par pure coincidence) sur les lieux du crime, va dans un premier temps venger Benson, puis aider sa nièce pour tenter d'obtenir le meilleur prix pour la vente du terrain que tout le monde souhaite acquérir.


C'est un véritable jeu de dupe qui se met en place. Tout le monde essaie d'arnaquer tout le monde, sans avoir l'air d'y toucher. Il n'y a pas une seule âme à sauver dans ce film. Tous les personnages sont cupides, vils, violents, méchants, vaniteux et menteurs.
La morale n'a aucune place ici. La loi du plus fort s'applique. A ce petit jeu, Sartana est toujours gagnant, même si ce n'est pas sans mal.


Le scénario a dû être assez travaillé, car vous avez beaucoup de personnages qui interviennent. Les interactions sont nombreuses. Il a fallut faire bien attention à ne pas créer de confusion ni d'erreur dans leurs relations. De ce point de vue, rien à redire.
Par contre, pour ce qui est de la chronologie, le découpage est assez suprenant. Est-ce dû à un montage effectué à la hache ou un souhait de donner plus de rythme à l'histoire ? Toujours est-il que certaines transitions un peu plus douces aurait été agréables. Il y a des sauts dans le temps de plusieurs minutes à plusieurs heures qui ne sont pas très clairs. Résultat : nous avons l'impression que Sartana se trouve partout à la fois.
Mais ne vous inquiétez pas, ce n'est pas très grave.
En effet tout le film est traité sur un ton léger. Avec des gags et des dialogues qui frisent le ridicule. Nous ne sommes pas pour autant dans des ambiances comme Trinita ni à rire aux éclats. C'est la bêtise et l'incompétence des protagonistes qui nous amène à sourire. Tous sont à un moment obligés de faire un faux pas. Sauf Sartana, qui est de bout en bout le héros de cette histoire.


Côté réalisation, Giuliano Carnimeo s'est bien amusé. Il a travaillé comme il fait sait le faire depuis de nombreuses années, c'est à dire en variant les plaisirs et les angles de prise de vue. Il a un véritable sens de la mise en scène. A noter la belle scène de bagarre dans le casino. Bien chorégraphiée, avec de nombreux intervenants, elle est une des scènes les plus mémorables du film.
Le choix de passer en vue subjective, pour donner l'impression au spectateur de voir à travers les yeux des acteurs est intéressant. Mais pas aussi bien maitrisé que sur Le Temps des vautours dont nous vous parlions juste avant.
Il y a des choix de traveling, qui n'ont rien de révolutionnaire, mais qui ont toujours leur petit effet. Comme l'arrivée de la bande de frères dans la ville. Un meilleur cadrage aurait permi d'avoir un effet encore plus percutant (le 4ème frère sort du cadre de temps en temps), mais ce n'est pas si grave.

Le plus important, c'est de savoir qui est le plus pourri de tous, qui est le plus rusé. Qui est celui qui sortira son épingle du jeu et pourra repartir avec le magot.


La musique est composée par Bruno Nicolai. Ce compositeur a beaucoup travaillé dans les années 1960-1970. Très influencé par Ennio Morricone avec qui il collaborat à de nombreuses reprises (Le bon la brute et le truand, Et pour quelques dollars de plus...), il a un sens de la mélodie très développé. A partir d'un thème principal, il est sait en faire des variations à l'envie. C'est ainsi que la musique s'orientalise, lorsque George Wang apparaît à l'écran. A croire que Bruno Nicolai était très fier de son travail, car comme l'explique Curd Ridel dans les bonus, il réutilisera la bande son par deux fois.




Vous retiendrez queBonnes funérailles, amis Sartana paiera est un bon divertissement. Il permet de voir l'évolution du travail de Giuliano Carnimeo. A voir si vous en avez l'occasion.


Sartana, c'est moi - extrait - Entretiens avec... par apparitor


Xavier