Le Conte de la Princesse Kaguya (Kaguya-hime no monogatari) Année de sortie : 2014

Réalisateur : TAKAHATA Isao
Distribution : Walt Disney France



Sortie en salle : 25 juin 2014 (avant-première en plein air à l'Abbaye Royale de Fontevraud le 14 juin 2014 en présence du réalisateur).

Durée : 2h17

Xavier KAWA-TOPOR, conservateur de l’Abbaye Royale de Fontevraud nous a offert une bien belle journée le 14 juin 2014 avec les manifestations de la Cité Idéale®. En point d’orgue, la projection en plein air et en avant-première de Le Conte de la Princesse Kaguya en présence, s’il vous plaît, de son réalisateur MONSIEUR Isao TAKAHATA.

Dans la campagne japonaise, un couple désespère d’avoir un jour un enfant. Désormais trop vieux, ils continuent leur travail bien souvent harassant. A la fin d’une de ses journées de labeur, le coupeur de bambou fait une bien étrange découverte : un bébé caché dans une tige. Il ramène ce don du Ciel (de la Lune en fait) à sa femme. La petite fille grandit bien plus vite que la norme tout en comblant de bonheur et de richesse ses parents. Régulièrement, l’homme trouve des présents dans sa forêt de bambous en récompense des soins apportés à l’enfant, devenue une splendide jeune fille. Elevée au rang de princesse, elle est emmenée à la ville où elle se fait courtisée par de nombreux seigneurs. Elle va devoir trouver un habile stratagème pour les éconduire.

Ce conte de la princesse venant de la lune, parfois nommé « la fille du coupeur de bambous » ou « le coupeur de bambous », est une histoire traditionnelle transmise oralement depuis des générations. Il a fait l’objet de multiples adaptations (BD, Contes, animations, films…) comme cela peut être le cas en Occident avec Le Petit Chaperon rouge par exemple.
Isao TAKAHATA (Le Tombeau des lucioles, Souvenirs goutte à goutte, Mes voisins les Yamada, Pompoko) donne ici sa version, très poétique, avec une vision attendrie de l’enfance et du labeur campagnard (tailleurs de bois, chasseurs, coupeurs de bambous).

L’opposition entre sociétés de la ville et de la campagne est très marquée et permet de détailler ces deux reflets très différents du Japon.
Le réalisateur en profite aussi pour montrer la Nature à travers les yeux de la petite princesse qui grandit en pleine forêt. On découvre donc la faune et la flore communes dans cette partie de l’Empire du Soleil Levant.
Ensuite, on apprend en même temps que la princesse à marier, l’étiquette requise et la culture de la haute société. On voit son esprit libre contraint par le carcan des leçons de bienséance, de musique, d’habillage…

Isao TAKAHATA a également créé de fort jolis morceaux musicaux pour la bande son de son film. La chanson titre qui nous accompagne tout au long du film est vraiment très ensorcelante. A la fois apaisante et un peu mystérieuse et magique.

TAKAHATA a choisi un dessin classique, façon estampe. On reconnaît son trait présent sur « Mes voisins les Yamada » sur les visages des personnages, notamment les parents adoptifs et les prétendants de la princesse. Il faut bien l’avouer, ce n’est pas ce que nous préférons dans le long métrage. Et nous avions d’ailleurs peur de ne pas nous y habituer. En réalité, le film possède une telle finesse, et est tellement abouti de toutes parts, qu’on oublie bien vite ce petit désagrément visuel qui n’engage que nous.


Tiphaine