Réalisateur : BOCCACI Antonio
Distribution : Artus Films



Collection : Les chefs d’œuvre du Gothique
Date de sortie en salles : 1963
Date de sortie DVD : 6 mai 2016

Durée : 88 minutes, noir et blanc

Supplément :
La chambre des tortures par Alain Petit

Le docteur Darnell et sa fille Anna reviennent s’installer dans l’ancienne région de la famille. La belle jeune femme est en proie à de terribles cauchemars et son père espère la guérir en la confrontant à l’objet de ses frayeurs. En effet, Anna vit et revit nuit après nuit la mort par torture de la Comtesse Irene, son sosie. Cette histoire tragique remonte à plusieurs années, lorsque le prince Hindoue Raman avait fait venir sa fiancée dans son château afin de l’épouser. Celle-ci avait mystérieusement disparue. Or, ce château se trouve désormais dans le voisinage proche d’Anna. Et tout porte à croire que la Comtesse Irène se serait réincarnée dans le corps de la fille du docteur.

Le Manoir Maudit possède tous les codes des films gothiques. Etonnamment, il présente des personnages contemporains, habillés à la mode des années 60, ce dont nous n’avons pas l’habitude. Cela donne un certain charme à l’ensemble.
On retrouve bien une grande bâtisse avec des couloirs en abîmes, des jeux de miroirs et des escaliers alambiqués. Cerise sur le gâteau, un passage secret au pied du château permet d’accéder à une salle de torture plutôt bien achalandée avec un bourreau bossu monstrueux du plus antipathique effet…

Il y a donc de très bonnes choses dans ce long métrage.
Mais aussi des singularités déroutantes.

A commencer par la rencontre entre Anna et le journaliste qui en tombe amoureux. A ce moment, l’homme tombe en panne avec sa voiture de collection à manivelle et doit trouver de l’eau. Arrivé au lac, il fait soudain face à notre ingénue prenant un bain en tenue d’Eve. Cette longue séquence sans paroles s’agrémente d’une musique rythmée proche de celle des films muets burlesques. Or la situation n’est pas si comique. L’ensemble paraît donc totalement incongru.
De même de nombreux éléments du scénario restent sans réponse. On s’accroche donc à des amorces qui sont finalement autant de coups d’épées dans l’eau.
Si l’on a la résolution du mystère, il nous manquera les motifs clairs même si on aura un semblant d’explications. Et d’où vient donc ce méchant bourreau ? Comment se fait-il que personne n’ait découvert ses activités ? Le Prince amoureux n’a pas eu l’air de chercher sa fiancée disparue avec trop de zèle…
Le noir est blanc sert surtout ici à masquer le manque de budget et non pas à jouer sur des jeux de clairs obscurs qui sont souvent du plus bel effet dans les œuvres gothiques donc nous restons là encore sur notre faim.

Le Manoir Maudit est une curiosité que les fans du genre apprécieront. On regrette cependant un scénario trop bancal et un manque de suite dans les idées exploitées (manque de budget ?) qui empêche le film de devenir culte.


Tiphaine