Réalisateur : MARGHERITI Antonio
Distribution : Artus Films



Collection : Les Chefs d’œuvre du Gothique
Date de sortie en salle : 1969
Date de sortie DVD : 6 mai 2016

Durée : 83 minutes, couleurs
Langues : Italien et Allemand sous titrés en français

Suppléments :
« Des cris dans la nuit » par Alain Petit

Situé dans l’Angleterre des twenties, Contronatura présente cinq bourgeois fortunés qui partent faire affaire à Brighton. Embourbés en plein orage, ils sont contraints d’investir une grande maison qui paraît en ruine. Finalement, ils rencontrent deux habitants, un homme lugubre et sa mère spirite qui semble aveugle mais est en fait en transe. Celle-ci fait resurgir les démons du passé de ses hôtes, notamment les crimes qu’ils ont commis. Sans aucun moyen de communication fonctionnel ni transport possible, les criminels se trouvent pris au piège et payent pour leurs méfaits.

Commençons par les vraiment bonnes choses ce film gothique et tout d’abord une action plantée dans les années 20 avec leurs festivités, leurs longs colliers de perles, leurs robes, coiffures et voitures lookées.
Ensuite, l’utilisation pertinente des séances de spiritisme qui permettent de quitter la demeure grinçante où se déroule l’action pour briser l’effet de huis clos en narrant les différents crimes dans les lieux où ils se sont déroulés.
Puis cette demeure absolument « creepy », délabrée au plus haut point, avec ses hôtes plutôt désaxés.
Nous avons donc là des éléments parfaits pour un film gothique séduisant et réussi.

Venons en à ce qui nous déplait dans cette co production italo-germanique qui portait mieux son nom allemand « Des cris dans la nuit » que son titre italien « contrenature ». Le second insistant sur la relation lesbienne non équivoque de deux des personnages principaux. Relation qui n’a que peu d’intérêt pour la narration du film et semble là (de façon très très présente) pour en souligner le côté sulfureux.
Il m’est toujours difficile d’associer les visuels et narrations gothiques aux scènes érotiques (souvent vraiment mauvaises) mais c’est quasiment toujours le cas dans cette sous catégorie de films portée par les productions italiennes, espagnoles et françaises. Alors de sur croix nommer le film contrenature comme si la fille concernée était un monstre alors que tous les personnages (y compris les pseudo justiciers) le sont tous, cela en dit long sur l’orientation peu tolérante qu’on donnait à ce film.

Si l’on était resté sur les très bons ingrédients gothiques développés dans Contronatura, j’aurais été enchantée par ce film. Mais l’étalage de relations dénudées (saphiques ou non) inutiles m’ont un rien gâché le plaisir !


Tiphaine