La guerre des robots (Coffret DVD)Année de sortie : 2016

Réalisateur : Collectif (Lee Sholem, Wesley Barry, Sherman A. Rose, Franklin Adreon)
Distribution : Artus Films



Le maître du monde (Tobor le grand)
Un jeune garçon aide son grand-père, génial inventeur d’un robot destiné à la conquête spatiale, et convoité par des espions étrangers.
73 minutes – Noir et blanc – VF – VOST
Format original 1.37 – 16/9

Creation of humanoids
Dans un monde post-apocalyptique, des robots aident la race humaine mourante en leur donnant des corps androïdes.
81 minutes – Couleur – VOST
Format original 1.77 – 16/9

Objectif Terre (Target Earth)
Des robots vénusiens envahissent Chicago. Au milieu d’eux, Frank et Nora deviennent des étrangers, et tentent de survivre.
72 minutes – Noir et blanc - VOST
Format original 1.66 – 16/9

Cyborg 2087
Sur Terre, dans un futur proche, les hommes envoient un cyborg dans les années 60 pour modifier le cours de l’Histoire.
78 minutes – Couleur - VOST
Format original 1.37 – 16/9

Artus film a voulu frapper fort pour les fêtes de fin d'année. Un coffret avec 4 films sur les robots, un bel hommage à l'âge d'or de la SF. Vous y trouverez des raretés et des curiosités. Les 4 films ont un charme différent. Tous ont un véritable intérêt. Ici pas de nanar, bien au contraire, même si les mega stars du genre comme Robby ou Gort ne sont pas là, il y en a d'autres tout aussi importants.

Target Earth, de Sherman A. Rose (1954)
La ville de Chicago est déserte. Une jeune femme se réveille et commence à s'inquiéter de ne plus rencontrer âme qui vive. Elle va finir par croiser un homme qui a l'air tout aussi perdu qu'elle. Ils rejoindront ensuite un couple. Tous ensemble, ils comprendront pourquoi la ville leur appartient : des robots venus de Venus, tuent tous les humains qu'ils croisent. L'armée est en pleine recherche d'une solution pour éliminer les envahisseurs, mais arrivera-t-elle à temps ?
Ne regardez la bande annonce qu'après avoir visionné le film, sinon toutes les scènes marquantes vous auront été révélées.
Il faut bien avouer qu'il ne se passe pas grand chose dans Target Earth. Les robots sont peu montrés, les effets spéciaux assez faibles. Mais c'est tout de même intéressant de voir comment sont représentés ces extraterrestres, ainsi que la façon dont est stigmatisée l'armée.
Les acteurs sont là pour tenir le film de bout en bout, le scénario étant assez convenu. Avec un élément qui vous fera penser à HG Wells et à Tim Burton. Je n'ose trop en dire pour ne pas vous gâcher le plaisir.
Il faut remettre le film dans son contexte, avec la Guerre Froide et la toute puissance nucléaire. La réalisation est très propre dans des décors qui le sont tout autant. On se prend au jeu facilement. Un film à regarder avec des yeux indulgents.

Cyborg 2087 de Franklin Adreon (1966)
Ou l'art de faire de la SF avec une courte scène d'introduction pour faire ensuite se dérouler toute l'histoire à l'époque contemporaine de la sortie du film.
Nous sommes sur les mêmes bases scénaristiques que notre classique Terminator.
Les hommes vivent asservis en 2087. Un rebelle, mi homme, mi machine va remonter le temps pour prévenir le scientifique responsable de cette invention avilissante. C'est Michael Rennie qui assure le rôle. Très charismatique, l'acteur tire son épingle du jeu sans difficulté.
Ce côté un peu passé de l'image n'est jamais un problème. C'est un plaisir de voir cette rareté, qui a du être visionnée par Cameron car les similitudes des scénarios sont troublantes.
Certaines scènes sont assez drôles, avec ces 2 soldats du futur qui courent les yeux rivés sur leur radar, accroché à leur poignet.
Mais c'est tout le travail de notre cyborg pour essayer de sauver son monde qui va mobiliser votre attention dans ce film.
Sa relation très froide est à elle seule digne d'intérêt. Comment peut on vivre sans sentiment, sans empathie? Est ce qui nous différencie des machines ?
Le film, qui a bénéficié d'un vrai budget avec une belle distribution est une curiosité à ne pas manquer.


Tobor The Great de Lee Sholem (1954)
Cette fois, le robot est une invention humaine. D'où son nom Tobor, « Robot » à l'envers.
L'armée ne pense qu'à la conquête spatiale. Elle épuise ses pilotes volontaires, au point de mettre leur vie en danger. L'un des chercheurs, devant le manque de considération de la vie de ses contemporains, démissionne.
Il est alors contacté par un autre scientifique qui a mené des recherches personnelles sur une machine qui pourrait piloter les fusées à la place des hommes.
Ce projet révolutionnaire et précurseur intéresse la presse spécialisée, mais également des puissances belliqueuses, qui voit dans cette invention, un soldat parfait.
Signe particulier de Tobor, il ressent les sentiments humains et peut les analyser. Ainsi, il tendra la main à celui qui s'approche de lui avec de gentilles attentions, mais se défendra face à celui qui veut le frapper dans le dos.
Ce robot bien que muet, possède une gestuelle qui laisse transparaître ses intentions.
De nombreuses personnes entourent Tobor, à commencer par le Professeur Arnold Nordstrom (Taylor Holmes) et le Docteur Ralph Harrison (Charles Drake). Il y a aussi le petit génie, qui s'immisce dans les recherches de son grand père, joué par Billy Chapin (la nuit du chasseur) et sa mère, la belle veuve Janice Roberths (Karin Booth).
Mais ici pas de romance, c'est science fiction et espionnage.
Tobor est une invention révolutionnaire. Si le Professeur Nordstrom et le Docteur Harrison ne veulent que de belles choses, ils doivent faire face à la malveillance de certains.
Le scénario est bien ficelé. Les rebondissements sont bien amenés.
Les effets spéciaux sont très maîtrisés. Vous verrez Tobor sous tous les angles, c'est une belle réalisation de Robert Kinoshita, qui confectionnera un an plus tard Robby (Planète Interdite, 1956).
Toutes les bonnes idées sont bien exploitées dans Tobor The Great, dont le titre français est devenu Le Maître du Monde. Une traduction très mauvaise qui ne correspond pas à l'histoire, car Tobor est un robot qui ne fait que répondre aux commandes qu'il reçoit.
La réalisation est très bonne, avec des scènes variées. Ce qui donne un rythme parfait au film.
Ce film mérite votre plus grande attention.

Creation of humanoids de Wesley Barry (1962)
L’idée de voir les machines un jour dépasser les humains est un classique pour la science fiction. Rien de plus normal de retrouver un film qui traite de ce sujet dans le coffret « La Guerre des Robots ».
Ce qui fait l’intérêt du film, c’est la façon dont l’histoire traite de ce thème.
Les humains ont fait évoluer les machines, avec la miniaturisation et l’optimisation des fonctions. Pour les robots, la ressemblance avec les hommes est limitée par une loi qui interdit de dépasser le niveau 70/100. L’homme est défini comme étant à 100/100. Mais certains robots ont dépassé cette limite, avec la création de machines de niveau 96 ! Et ce avec la complicité d’êtres humains. Mais un comité de vigilance existe. Son but, faire en sorte que les cliqueurs, comme ils les appellent de façon péjorative, restent à leur place. Avec comme premier objectif, faire en sorte qu’un robot ne ressemble surtout pas à un homme ou un femme. Pour éviter toute confusion possible et pour empêcher les machines de prendre un jour le contrôle de la race humaine.
Mais comment est-il possible d’arriver à fabriquer un robot de niveau 96 ? Qu’est-ce qui lui manque pour arriver au niveau 100, voire le dépasser ?
Quelles sont les motivations de ce comité de vigilance et qui en sont les leaders ?
L’idée de travailler sur la distinction homme/machine est très bien utilisée. Vous avez droit à de nombreux débats, discours, discussions tout au long du film qui plaident pour ou contre la place du robot dans la société en tant qu’égal de l’être humain.
A quoi servent-ils ? Jusqu’où peut-on leur faire confiance ? Est-on certain du respect des lois éditées, qui garantissent la (sur)vie des hommes ?
Qui vérifie quoi ? Qui contrôle quoi ou Quoi contrôle qui ?
Si la réalisation est très statique, avec de nombreux plans fixes, c’est pour mieux nous obliger à nous concentrer sur les dialogues. Tout le charme du film se trouve dans ce débat que l’on pourrait presque qualifier de philosophique sur le point de savoir ce qui différencie le robot de l’homme. Après tout, comme cela est suggéré à un moment, il serait possible de considérer que l’ensemble des organes est l’équivalent de pièces mécaniques. Reste la question de l’âme et de la mémoire. Mais si les souvenirs peuvent être dupliqués, sauvegardés, échangés, alors la distinction homme/machine est pour ainsi dire effacée.
Il y a aura quelques perches tendues, qui vous donneront des pistes à explorer pour découvrir le fin mot de l’histoire avant la fin du film. Mais vous pouvez aussi vous laisser guider, les informations vous seront livrées, lors de quelques rebondissements bien amenés.
La chute du film est le point d’apothéose que nous vous laissons savourer.
Creation of humanoids est un bon film de SF, sans aucune contestation possible. Merci à Artus Film de le remettre sur le devant de la scène à l’occasion de ce coffret.

En plus des 4 films, vous pourrez lire un court livret, qui vous fait une rapide revue de l’histoire du robot du point de vue de la science fiction américaine au cinéma.
Cela vous donne un bel aperçu de ce qui a été fait à l’époque. C’est un sujet qui mérite d’être traité dans une véritable encyclopédie. C’est un tour de force d’avoir su en tirer l’essentiel en quelques pages. Les grandes lignes y sont, avec une frise chronologique notamment. De quoi vous donner envie d’aller explorer plus en avant ce thème qui a fait les grandes heures de la SF, à n’en pas douter.

Bon visionnage et bonne lecture avec ce coffret Artus Film La guerre des robots.


Xavier