Réalisateur : SEBASTIAN Ferd
Distribution : Artus Films



1988 – date de sortie DVD : 06/12/ 2018
Durée : 97 min

**** interdit moins de 16 ans ****

Couleurs
Format : DVD – PAL Zone 2
Langues : Français, Anglais
Sous-titres : Français

Bonus :
• Rednecks et Rape and Revenge, par Maxime Lachaud (auteur du livre Redneck Movies)
• Making of original
• Une visite chez Ferd et Beverly Sebastian
• Film-annonce original
• Spot TV

C’est un film qui mélange les genres du ‘redneck’ et du ‘rape & revenge’. Il y a un peu plus de tout dans ce Gator Bait 2, sorti 14 ans après le premier chapitre, sous titré les marais de la haine. Nous y retrouvons Big T, qui a bien grandi. Tout comme le personnage de Leroy qui était interprété par Douglas Dirkson, cette fois il est joué par Paul Muzzcat. Quant à Ben Sebastian qui jouait Ben Bracken, il devient Elick. Mais peu importe ces changements, nous ne sommes pas à quelques contradictions près.
Impossible par contre de revoir Désirée Thibodeau, en raison du décès de Claudia Jennings dans un accident en 1979. Le rôle de la femme violée revient à Jan MacKenzie
Le couple Sebastian a réalisé 4 films entre les deux « Gator Bait ». Et nous voilà en 1988, avec cette commande de la Paramount.
Le scénario est simple : Big T (le petit frère de Désirée) se marie avec une fille de la ville, Angélique. Big T, a au passage récupéré la parole (il faut savoir passer sur les détails quand on réalise un film, mais à ce point là, il fallait oser). Tous deux nagent dans le bonheur et organisent une grande fête pour leur mariage. Mais une bande de rednecks s'invite. Après s'être livrés à des attouchements, notamment sur la mariée, ceux ci sont vite expulsés. Mais les rednecks, avec à leur tête Leroy, ne comptent pas en rester là. Après plusieurs bières, ils établissent leur plan de bataille : ils vont aller violer Angélique. Une traque de plusieurs jours débute.

Les films de ‘redneck’ sont une chose, les ‘rape & revenge’ une autre, bien que les deux soient étroitement liés, comme vous le découvrirez dans les bonus.
Le film est pour le moins dérangeant pour la longueur des scènes où Angélique se retrouve aux mains de ses violeurs.
Même si il est possible de voir une symbolique forte dans le viol de cette femme blanche qui vient de la ville, par une bande de rednecks cajuns, la multiplication des sévices qu’elle subi reste difficile à voir. Attouchements sexuels, violence avec arme, enlèvement, séquestration, viol en réunion etc. Les réalisateurs peuvent nous dire qu'ils ont rencontrés Jésus depuis...

Il y a quelque chose de curieux dans Gator Bait 2, les 3 actes du film qui sont : la vie sexuelle de jeunes mariés, le viol puis la vengeance, sont de longueurs égales. Et il faut bien l'avouer si ils étaient amputés de moitié, cela ne ferait que donner plus de rythme au film. La complaisance des scènes qui ne sont pas esthétiques, est le plus désagréable. Tout comme la maltraitance subie par un pauvre renard, mais nous supposons que les serpents et les alligators n'ont pas dû être logés à meilleure enseigne pendant le tournage. Surtout quand Ferd et Beverly Sebastian nous expliquent qu’ils mangeaient alligators qui traînaient sur le lieu de tournage.
Le jeu des acteurs est d'un niveau bien faible, d'ailleurs aucun n'a fait carrière au cinéma. Le scénario reprend des éléments du premier film, mais avec des libertés dignes des pires faux raccords qui soient, nous en avons déjà cités quelques uns plus haut.
Les extérieurs sont bons, mais finalement, c'est la scène de la fête du mariage, qui est la meilleure. Certainement grâce à l'implication de la population locale, qui s'est prêtée au jeu, comme jamais. Ce qui donne une authenticité palpable au début du film. Mais partir sur de si bonnes bases ne fait que rendre la suite assez fade.
Les courbes généreuses mais peu gracieuses de Jan MacKenzie n'y changent rien. Loin de là. Claudia Jennings avait du style, Jan Sebastian a une forte poitrine, mais cela ne fait pas tout. D’autant qu’après l'avoir vu se faire violer à plusieurs reprises, les plans à rallonge sur ses fesses quand elle fuit sur son bateau n'ont rien de sexy, loin de là. Nous n’avons qu’une envie : qu’elle puisse enfin se couvrir et retrouver un minimum de dignité.
Si Gator Bait 1 était une curiosité, cette suite est à réserver à ceux qui veulent vraiment explorer le thème jusqu'au bout.


Vous retrouverez en bonus :
- Le témoignage de Ferd et Beverly Sebastian sur leur rencontre avec Jesus, comme sur le premier dvd.

L’analyse des thèmes « redneck et rape & revenge » de la part de Maxime Lachaud
Vous comprendrez pourquoi il y a des scènes de viol et où il faut y voir une symbolique globale, au delà de la violence subie par la femme, qui la plupart du temps a la peau très claire. Comme si c’était une revanche sur Sud sur le Nord des États Unis, suite à l’affront de la défaite de la guerre de sécession.
Le titre du film Gator Bait rappelle les techniques de chasse à l’alligator : utiliser des enfants d’esclave comme appâts lors des chasses à l’alligator.
C’est aussi l’utilisation de la peur populaire des campagnes : le redneck est un violeur, avec cet avertissement « Ne t’éloigne pas de la ville sinon il va t’arriver malheur ». Le redneck est un vrai bouc émissaire.
Il peut aussi être vu, comme une créature fantastique, une sorte de croquemitaine. C’est dans cette dimension symbolique que le redneck devient intéressant.
Nous n’en dévoilerons pas d’avantage ici.

Making of: le couple de réalisateur déroule les questions sur cette suite qu’est Gator Bait 2, comme pour le bonus de Gator Bait. Nous saurons notamment « pourquoi il y a eu une suite » où les réalisateurs ont voulu rajouter plus de « cajun » et à quel point les autochtones ont été accueillants. Tout le film a été réalisé en scènes extérieures. Sur une toute petite zone géographique.
Vous saurez aussi d’où vient la mise en scène pour la séquence du viol et l’utilisation du renard juste avant : c’est un souvenir de voyage de Ferd et Beverly Sebastian.


Xavier