Solomon KaneAnnée de sortie : 2009

Réalisateur : Michael J. BASSETT



Sortie française: 23 décembre 2009

Durée : 1h44 min



Solomon Kane est un personnage qui a été créé par Robert E. Howard, tout comme Conan, Sonya la Rousse ou Bran Mak Morn, dont vous pouvez retrouver les intégrales aux Editions Bragelonne . Si beaucoup de monde connait Conan, grâce aux films avec Arnold Schwarzenegger, les autres créations d’Howard étaient assez confidentielles. Espérons que ce film donne envie aux spectateurs d’aller plus loin après l’avoir vu et qu’ils poussent la porte d’une librairie pour découvrir qui est véritablement Solomon Kane.

Car l’histoire de ce film est une très libre inspiration des textes d’Howard. Si les éléments principaux ont été conservés (la Grande Bretagne, le bretteur émérite, le fantastique et la religion), pour le reste il s’agit d’une création originale qui ne cadre pas forcément très bien avec l’idée que je me faisais du personnage. Pour reprendre ce qu’en dit Patrice Louinet (spécialiste d’Howard) dans la postface de l’intégrale édité par les éditions Bragelonne (voir ma chronique ici

), nous ne savons pas grand-chose du passé de Solomon Kane. C’est un combattant infatigable, qui manie l’épée comme personne. Il sillonne le monde pour éradiquer les forces maléfiques qui terrifient les hommes. Nous ne savons jamais d’où il vient, ni où il part.

C’est cette partie de mystère qu’a voulu utiliser Michael J. Bassett pour son film, en nous faisant découvrir la jeunesse de Solomon Kane et les évènements qui l’ont conduit à devenir ce que nous savons de lui, grâce aux nouvelles d’Howard.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’idée était risquée. Et le résultat décevant. Si le début du film est tout juste correct, la fin est navrante. Vous allez découvrir un homme qui s’est réfugié dans la violence et le péché après avoir fuit les terres des ses ancêtres, par défiance envers son père. Se rendant compte que son âme est damnée, il va chercher la rédemption. Mais sa réputation est faite et ses rêves le hantent. Solomon Kane est un guerrier, le seul moyen qu’il a pour se racheter est de combattre pour le bien.

Vous aurez droit à des scènes où James Purefoy , qui interprète Solomon, tente de se faire passer pour un pacifiste ne voulant plus combattre. Mais ses paroles et son comportement trahissent une vie passée avec le sang des autres sur ses lames. Ces hésitations, ces questionnements sont assez proches de l’esprit des textes. De même que les scènes de combats qui sont bien orchestrées. Et qui sont suffisamment violentes pour vous remuer, mais sans vous dégoûter. Car Solomon tue pour la bonne cause, il ne doit surtout pas passer pour un terrible assassin.

La part fantastique de l’histoire est assez bien trouvée. Cela rappelle les premières nouvelles d’Howard. Les monstres sont bien sales et les stigmates des possédés les rendent encore plus repoussants que lorsqu’ils étaient humains. De vrais monstres, que l’on ne regrette pas de voir disparaître.

Par contre, les explications sur l’arrivée du mal en Grande Bretagne, qui vous seront livrées à la fin du film, sont sans saveur. Tout le monde se doute de ce qui va être annoncé. Et c’est bien dommage, car cela ramène le film au niveau de n’importe quelle production de Fantasy violente et sans cervelle.

Et malgré tous ces défauts, je ne peux pas jeter la pierre à Michael J. Bassett. Solomon. Kane est un personnage complexe, très mystérieux et rempli de contradictions. Howard lui-même a fait évoluer ses textes, allant jusqu’à abandonner la partie fantastique de ses récits pour tenter de se faire publier.

J’aurais tendance à penser que c’est cette part de mystère qui manque dans le film. A trop vouloir en dire, la magie disparaît.

A cela s’ajoute des angles de caméra qui font passer James Purefoy pour un sosie de Hugh Jackman des mauvais jours. Et la pluie incessante finit par lasser, au lieu de glacer les sangs.

Par contre, si vous voulez voir une machine de guerre trucider ses ennemis sans remords, à grand coup d’épée, de couteau ou de hache, affronter des sorcières et autres démons, et tout cela sans avoir à réfléchir plus de deux secondes, alors courez voir ce film.

Xavier