Red Riding HoodAnnée de sortie : 2011

Réalisateur : Hardwicke Catherine
Distribution :  





Le petit chaperon rouge est un conte pour enfant, qui devient au fil des ans un conte de plus en plus pour adulte. En passant par Tex Avery ou la publicité pour Chanel 5 pour ne citer que quelques exemples, l’image de loup associé à la cape couleur sang n’arrête pas de titiller notre imaginaire (pour ne pas dire nos fantasmes).

Encore plus marquante qu’Alice, la figure du petit chaperon rouge exerce une fascination qui peut s’adapter à tout type de public. Pour cette fois, c’est dans un monde fantastique, pour ne pas dire horrifique, que va évoluer la jeune fille. Catherine Hardwicke est actuellement connue pour avoir réalisé le premier volet de la saga Twilight, mais elle a également réalisé notamment Thirteen et Les seigneurs de Dogtown. Malheureusement le scénario est aussi niais que pitoyable, ce qui ne met pas en valeur son travail. Car si l’on se contente de parler de la réalisation, il faut reconnaître que Catherine Hardwicke s’en sort avec les honneurs. Sachant varier les plans, jouer avec les alternances entre scènes d’intérieur et d’extérieur. Elle arrive à créer un huis clos tout en utilisant le village qui certes n’est pas grand mais tout de même, les choix d’angle de caméra sont bien trouvés.

Cependant, ces efforts de Catherine Hardwicke sont mis à mal en permanence par un scénario abrutissant. D’où vient cette histoire de loup-garou télépathe, de demi-fratrie, de chasseur de monstre ! On nage dans la série Z à ce niveau là. Aucun rebondissement, aucune surprise, rien de rien.

Quant aux acteurs, force est de constater que certains auraient mieux fait de rester chez eux au lieu de signer pour ce film. Commençons par Gary Oldman. Mais que lui est-il arrivé ? Son personnage de chasseur de loups-garous aux ongles en argent est ridicule au plus haut point. Il n’arrive pas à transcrire toute la folie qui le pousse dans sa quête. Nous très loin de sa prestation dans le 5ème élément et c’est bien dommage. Amanda Seyfried (Valérie) réussit malgré tout à crever l’écran. Il faut dire que personnes d’autre ne lui arrive à la cheville. Et il lui suffit de montrer sa belle petite tête blonde pour que nous soyons pendus à ses lèvres. Alors lorsqu’elle revêt sa belle cape, nous nous pouvons que fondre. Du coup, cela fait mal au cœur de voir Shiloh Fernandez (Peter) et Max Irons (Henry) se disputer la belle, alors qu’ils ont l’un comme l’autre le charisme d’une huître. Franchement, autant prendre des acteurs de teen-movie, au moins ils ont une belle gueule et ne tentent pas de se prendre pour de grands acteurs inspirés.

Un petit mot pour finir sur les effets spéciaux du loup. L’animatronic n’est pas le pire que j’ai vu, mais tout de même les studios Warner Bros auraient pu faire un peu mieux. Ou alors choisir de conserver des effets numériques sur toutes les scènes, car les effets digitaux sont réussis.

Au final, si vous avez l’audace de voir Red Riding Hood, vous comprendrez que ce magnifique conte a été saccagé sans aucune retenue par des scénaristes irrespectueux des traditions européennes. Dommage pour nous, car le projet donnait envie lorsque l’on voit les bandes annonces. Mais sur la longueur, nous n’avons qu’une seule envie : que le loup dévore tout le monde.

Un conseil : allez relire Charles Perrault ou les frères Grimm au lieu de voir le film.

Xavier