Salle : Petit Faucheux - Square Sourdillon
Ville : Tours

Pour la 2ème journée du festival : Lien jeudi


Troisième jour chargé pour le festival Mauvais Genre avec au menu deux longs métrages en compétition internationale au Petit Faucheux, le vernissage d’une exposition à l’hôtel de ville de Tours et la Nuit Interdite, qui investit cette année le Mega CGR Tours Centre.

Place aux votes avec les deux films en compétition au Petit Faucheux.

LFO de Antonio Tublén et sa science-fiction déjantée. Ce film a été bien apprécié des spectateurs avec qui nous avons discuté, sans pour autant leur laisser un souvenir impérissable.




Kept de Maki Mizui avec la présence exceptionnelle de l’actrice japonaise Kayano.
Une réflexion personnelle sur un sérieux cas de syndrome de Stockholm. Avec l’image du hibou qui revient régulièrement tout au long du film. Si la symbolique est forte (symbole du yang), elle est maladroitement utilisée. Un film qui divise les avis des spectateurs, la plupart d'entre eux n'ont pas apprécié. Et personne ne pense qu'il sera primé.




Place ensuite au vernissage de l’exposition L’étoile bleue, la renaissance , photographies de Philippe Lucchese inspirées par l’ancienne maison close de Tours, les esthétiques du XIXème siècle, certaines œuvres d’art fondatrice (superbe hommage à Man Ray) et les affiches de certains films de genre.

Celle-ci se tient du 15 au 26 avril dans le péristyle de la mairie de Tours.




Puis arrive le moment attendu par les habitués du festival. Cerise sur le gâteau, c’est une grande salle qui nous accueille cette année au méga CGR Centre pour 3 longs métrages dont un en compétition et des courts métrages.

Avec notre quart d'heure tourangeaux de retard qui s'est transformé en bonne demi heure (comme tous les ans), la Nuit Interdite de la 8eme édition du Festival Mauvais Genre a débuté.

Voici ce qui s'est passé :

Sinnside (Espagne) de Miguel Angel Font Bisier
Une petite fille trouve des bonbons dans la rue. Suivre leur trace la conduit dans un restaurant où l'attendent 7 tables. Y sont déjà assis des adultes quelque peu étranges. D'autres enfants arrivent à leur tour. Le service peut commencer.
Film propre avec de belles images, des effets spéciaux maîtrisés. C’est technique avec un scénario opaque. Une bonne carte de visite pour ce traitement des 7 péchés capitaux.



Do (France) de Marc Lahore http://marclahore.com/



3 personnes terminent leur maraude après avoir aidé des SDF.
L'un d'eux semble un peu louche. Alors qu'il retrouve un autre couple, tous les 3 retournent sur place, maquillés en clown, avec de mauvaises intentions... la fin est inattendue et percutante !



Do a été réalisé avec un budget de 7000 euros dont 5000 euros grâce à ullule. Il aura fallu 4 jours de tournage.
L’idée est venue au réalisateur, alors qu’il travaille lui-même depuis 10ans auprès des SDF. Il s’agissait de faire une fable anti-mondialiste, sans tomber dans le pathos.
Acteurs étaient déjà trouvés par la production, le choix a tout de suite convenu à Marc Lahore.
Ce que nous avons vu est une première mondiale. Il manque un dcp et générique à compléter.
Un long métrage a été tourné dans les highlands en 3 semaines, un crowd founding va être lancé dans 2 semaines pour financer la fin de la post production.
Le titre de ce film « The Open » : « Après la 3ème guerre mondiale des gars tentent de créer un Rolland Garros mais sans balle ! ».

Pour en savoir d’avantage écouter l’interview de Marc Lahore.
Pour écouter l'interview :

Pour télécharger l'interview: itw.Marc.Lahore.Do.mp3

Apocalyptic - 2013 - (compétition internationale de courts métrages) de Glenn Triggs (Australie)



Encore du found footage de piètre qualité pour deux reporters qui vont suivre un groupe sectaire au fond d’une foret. Tous les standards du genre sont respectés, mais mal exploités. L’avantage du film, c’est que même caméra à l’épaule, l’image reste regardable (faible consolation). Il n’y a pas cet effet de roulis, qui donne envie de vomir comme sur d’autres films du même style. Sinon le scénario est très pauvre. L'histoire d'amour entre Neve et le caméra-man aurait pu être exploité, au lieu d'être à peine soulignée par 3 images...
Avec cette secte apocalyptique menée par un vieil homme, qui vit avec sa femme et ses filles. Vous pouvez vous douter de la suite: il couche avec ses petites filles. Jeu d’acteur sans saveur, faiblesse de la mise en scène, photographie sans intérêt. A moins d’être fan hardcore du found foutage, vous pouvez vous dispenser de le regarder.




Trajectoire (France) de Philippe Massoni et Sébastien Jovellar
Budget de 12000 euros. La plus grande partie a été consacrée au son
Les 2 réalisateurs sont partis d’un fait divers du « village des fous ».
Voici comme le film commence : dans un petit village 3 jeunes débarquent dans un bar, ils commandent à manger, puis décident de braquer le bar tenu par un couple de cinquantenaires. Mauvaise idée !

La bande annonce ne reflète pas du tout l’ambiance du film !

TEASER "TRAJECTOIRES" from philippe massoni on Vimeo.




Hell no (2013) de Joe Nicolosi
Bande annonce pour le film d’horreur ultime qui défie tous les codes du genre. Cette fois, les protagonistes sont intelligents !!!
Toujours fun et agréable à voir mais tourne depuis quelque temps sur le net avec déjà plus de 6.000.000 de vues :



House with 100 eyes (2013) et Jay Lee et Jim Roof
Jim Roof joue également le personnage principal.
Annoncé comme du porno-snuff (on nous a encore menti !), nous savions qu’il faudrait s’accrocher. Ultra violent façon snuff, mais pas porno du tout pour les images (les sexes sont floutés). Par contre les paroles sont très explicites.
Film facile, sale, dérangeant. Cela en est presque inquiétant de savoir que Jim Roof aime filmer et jouer de telles choses…
Le film manque de tout. Avec des personnages qui pourraient être bien plus travaillés notamment. Il y avait tant à faire avec toutes les névroses des habitants de la maison et la fragilité de leurs différentes victimes.
Si la scène de torture de la fille potelée durait bien moins longtemps, le film aurait déjà été moins raté. Car mis à part ce passage de 5 minutes très trash et répugnant, le reste (qui est très choquant) demeure supportable (même si on s’ennuie), pour ceux qui n’ont pas une âme trop sensible. Le côté vengeance est bien exploité avec le délire de toute la fin qui part en vrille, ce qui permet aussi au spectateur de ne pas être trop mal à l’aise en voyant toutes ces morts atroces.
Reste la choix de la mise en scène et l’utilisation des caméras fixes, façon vidéo surveillance. Nous aurions tendance à la classer aussi dans la catégorie found foutage (et oui encore 1, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase...), bien qu’il n’y ait que peu de passage caméra à l’épaule. Sans intérêt cinématographique, ce film était là pour remuer les spectateurs. C’est chose faite.




Tulikora / Fist of Fire (2013) de Malakias (Finlande)

Court métrage d’animation: un batteur dans un garage avec son chien se prend un coup de bec d’un corbeau. La plaie s’infecte…
Très propre, avec un vrai choix artistique sur la représentation des personnages, le film se voit avec plaisir. Un peu trash, mais sans devenir sale, ce court métrage vaut le coup d’œil.


Président wolfman (2013) de Mike Davis : épuisant à regarder. D'ailleurs nous n'avons pas encore réussi à trouver un spectateur qui n'ait pas dormi devant ce film. C'est bien la première fois pour une nuit interdite!
Le montage du film est très clipesque. Les ajouts de vieux films au milieu de l’histoire principale sont une très bonne idée, mais à la longue, l’œil est toujours en activité. Il y a tous les scripts à lire aussi. La voix est omniprésente. C’est drôle à voir, mais en court métrage de 20 minutes, cela suffisait.



C’est à 3 heures du matin que nous sommes sortis de la salle. Une nuit interdite, c’est fait pour voir des films différents. Ce fut bien le cas. Nous aurions apprécié un peu plus de surprises et surtout d’humour, comme les années précédentes sur les courts métrages. Ce qui permettait un petit moment de détente avant d’enchaîner sur un long métrage au thème parfois dur. Oui le second degré manquait clairement à cet événement. Quoiqu’il en soit, le fait de voir ces films dans d’aussi bonnes conditions (une grande salle de cinéma avec un écran de 10 mètres) est une chance.

Rendez vous pour tout le week end au Petit Faucheux et au square Sourdillon pour la suite du festival.
http://www.festivalmauvaisgenre.com