Salle : Forteresse de Montbazon
Ville : Montbazon (37)

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Dimanche :

Les reconstituteurs sont toujours bien présents et dynamiques à souhait pour présenter leurs différentes époques et techniques de combats. C’est d’ailleurs agréable de voir un festival où l’offre va jusqu’au bout de l’horaire proposé et où tout le monde ne plie pas bagages avant la fin. C’est clairement à saluer, et nous le faisons. Chapeau aux organisateurs des Historiques !

Pour notre part, nous avons assisté aux dernières conférences…

Hygiène mentale nous a proposé une histoire des fake news.



Les castors s’arrachent les testicules pour échapper au chasseur. Il y a un parallèle avec Thomas More qui a travaillé pour lutter contre cette idée. Technique zététique et recherche littéraire pour démêler le vrai du faux.
Effet de la morale : le chrétien doit se séparer de quelque chose d’important pour accéder à Dieu. Si il y a une bonne morale on accepte plus facilement une fausse vérité.

Puis Laurence de Cock (Historienne et professeur) a présenté sa « petite histoire du Chahut à l’école ».



Elle commence par indiquer qu’il faut se méfier des phrases qui commencent par « de mon temps ».
Le chahut à Antiquité : ça se passait déjà mal dans les classes. Il existe des représentations avec un professeur qui avait une savate à la main. Si cela valait le coup d’en faire une représentation, c’est que cela devait se produire souvent. Vous pouvez aller lire Tite-Live. « Votre salaire c’est ma présence » réplique d’un élève qui a dilapidé le salaire du professeur avant d’arriver en cours.

Moyen âge : Création des universités. Les étudiants boivent, crient, ne sont jamais en cours. Ils sont de véritables bandes organisées qui viennent pour faire autre chose qu’écouter un moine.

Ancien Régime : Collègue ; par exemple les jésuites.
Si ça marche à la baguette, c’est que c’est le bazar. Il faut constamment de la discipline pour que le cours se déroule. Exemple : des romans sont cachés dans les manuels ; choix des cours ; lancer de boules de neige ; ne pas faire ses devoirs ; absentéisme.

Université : l’exemple de Charles Perrault est criant de vérité. Il a écrit qu’il avait eu son diplôme sans jamais aller en cours à l’Université d’Orléans. (Note personnelle : a priori l’université d’Orléans ne lui en tient pas rigueur, car elle le cite comme l’une des personnalités célèbres qui y a étudié…)

Tout cela montre que le chahut n’est pas nouveau.

XIX ème siècle: invention de l’adolescence, au sens de jeunesse révolutionnaire, avec prise de conscience politique. Il n’y a que 5% de la population française qui va au lycée. Et pourtant, ce sont 200 mutineries qui ont été répertoriées.
Exemples de chahuts à l’époque : faire un bourdonnement, chanter La Marseillaise au réfectoire, pendant les promenades aller au café.
Il y a toujours un but au chahut comme protester contre une punition injuste. Le chahut est toujours un acte de solidarité des élèves.
Un exemple la mort de Victor Noir enterré au Père Lachaise.
En cas de mutinerie, c’est des exclusions par centaines.
Ex à Louis Legrand, lors d’une mutinerie, il a fallut faire intervenir 60 gendarmes.

Les sources sont les rapports d’inspection. Il arrive de lire « bon professeur mais il faudrait qu’il arrête de frapper les élèves. A force de tirer sur l’oreille, tout le cou est infecté ». Cela en dit long sur l’utilisation des sévices corporels.
A cette époque les élèves travaillent aussi dans les champs : ce qui provoque de l’absentéisme. Les allocations familiales ont fait depuis baisser l’absentéisme.

Quand le chahut rime avec un sens politique et un sens social, on singe une contre société. C’est un processus de socialisation.
Mais il y a un chahut plus problématique : dans les années 60-70, quand les classes populaires sont arrivées à l’école, quand il y en a 1 seul qui met le bazar, qui se fait remarquer. Cet élève interroge politiquement l’école. Car l’école ne sait pas quoi en faire et il ne doit surtout pas être exclu de la classe. Mais la dimension solidaire est perdue.

Le Mock décide ensuite d’exhumer le « côté Punk de Flaubert »




En 1857 eurent lieu 2 procès contre des livres. Etaient concernés madame Bovary et les fleurs du mal.
Le procureur impérial savait bien ce qui était entrain de se passer avec une rupture dans l’esthétique.
Esthétique classique : système de pensée de l’antiquité avec Platon et Aristote, le beau, le bien et le vrai sont les bases de la perfection. C’est le système repris par le christianisme pour décrire Dieu.
Cela a un impact sur la création culturelle. Avant le XIVème siècle les auteurs ne signaient pas leurs œuvres. Il n’y avait qu’un seul créateur, Dieu. L’homme n’est qu’un co-créateur. Comme co créateur il faut respecter les 3 règles pour faire comme Dieu. On est riche et beau et gentil ou moche et méchant.
Flaubert est fils de médecin. Il veut être reconnu en tant qu’auteur comme son père l’est. Il vaut être neutre dans ses créations. Il est critique contre les livres moraux et immoraux.
Dès 1840, les sociologues font des enquêtes sociales. Flaubert s’inscrit dans cette dynamique.
Ainsi le discours indirect libre est un style très développé par Flaubert.

Pour finir de façon ludique cet excellent week end, les festivaliers sont invités à s’inscrire à un match de troll ball. Epées en mousse, tête de troll et fous rires en perspective.




Ces 3 jours passés à la Forteresse de Montbazon dans le cadre du festival Les Historiques permettent d’apprendre et de s’amuser en même temps.

Le succès du festival qui affichait complet depuis plusieurs mois est total. Plus d’intervenants, plus de temps, des nouveautés avec les équipes de reconstitutions, les concerts et un même résultat : du plaisir partagé à chaque instant.

Toutes nos plus vives félicitations à tous ceux qui ont participé en tant qu’organisateurs, guides, bénévoles, intervenants pour ces 3 journées mémorables.

Vous retrouverez toutes les informations utiles pour ne pas manquer l’édition 2019 sur le site officiel du festival : http://leshistoriquesfestival.fr/