Les Utopiales 2010Date : 10-14 novembre 2010

Salle : palais des congrès
Ville : Nantes (44)

Thème : Frontières



Pour cette 11ème édition et suite à la frustration qui avait été la nôtre de ne pas pouvoir profiter pleinement des Utopiales les années précédentes, nous avons décidé de passer 4 jours à Nantes afin de faire le tour de la question. Et visiblement, cela ne sera encore pas suffisant : il y a tellement à faire, entre les expositions, les conférences, les films, les amis etc. Et tant mieux, cela veut dire qu’il y a encore plein de choses à dire sur de nombreux sujets dans les genres que nous affectionnons particulièrement à savoir la Science Fiction, la Fantaisie et le Fantastique.



JEUDI :

Pour bien commencer la journée, nous avons rencontré l’auteur China Mieville. Garçon impressionnant par sa stature, il s’est gentiment prêté au jeu de l’interview dans laquelle nous avons beaucoup parlé de l’étrange monde qu’il a développé dans ses romans publiés chez Fleuve Noir (Perdido Street Station, Les Scarifiés, Le Concile de Fer). Pour information son dernier roman publié cette année en anglais (Kraken) et son prochain prévu en 2011 sortiront également en France chez le même éditeur. Les fans peuvent déjà se réjouir.





A la suite de quoi nous avons découvert avec émerveillement l’exposition Galactic hits, musique et science fiction, qui propose pas moins de 324 pochettes de disques vinyles édités entre 1950 et 1990, ainsi que plusieurs clips vidéos qui tournent en boucle sur de petites télévisions. Cette exposition proposée par la Maison d’Ailleurs montre les relations qui existent entre l’imagerie musicale et la science fiction. Et ce dans tous les styles de musiques, du rock au jazz en passant par le reggae, la techno ou le hard-rock. Avec en bonus la possibilité d’écouter des titres de certains disques grâce à des écouteurs qui sont fixés en dessous de plusieurs pochettes. Il est intéressant de voir à quel point la musique a pu utiliser des thèmes de science fiction, alors que la musique proposée par l’artiste n’avait rien de futuriste. Notre seul regret réside en l’absence d’un catalogue complet consacré à cette très bonne exposition. Nous aurions vraiment aimé en emporter avec nous un souvenir exhaustif.





A 12h00, direction la salle Dune (la plus grande des salles de projection) pour découvrir une version non définitive d’un documentaire consacré à Bernard WERBER. Le romancier à succès que tout le monde connait pour ses fourmis a été suivi par son ami Stéphane KRAUSZ. A programme, pendant plus d’une heure, nous nous retrouvons plongés aux côtés de Bernard WERBER. Le suivant lors de ses promenades en France, en Ukraine, en Chine et en Corée (pays où il est une immense star). A titre d’exemple, lors d’une séance de dédicace, ce ne sont pas moins de 900 coréens qui avaient fait le déplacement pour le rencontrer!

Bernard WERBER se confie en toute simplicité à la caméra. Expliquant humblement quelles sont les passions qui l’animent dans sa vie quotidienne, comment il travaille, ce qui l’inspire. Vous le verrez jouer du piano, dessiner (fort bien), pratique le Taï-Chi ou jouer avec ses amis aux Loups-Garous de Tierce lieux. Mais également lors de ses interventions dans différentes universités. La caméra est toujours très discrète, ce qui donne la sensation de faire le voyage avec Bernard WERBER. Et lorsque celui-ci s’adresse à l’objectif, c’est comme s’il vous parlait. Vivement que le dvd soit disponible pour pouvoir apprécier les bonus qui seront proposés. Il ne sera malheureusement pas possible de voir le documentaire à la télévision, les médias français étant trop bornés pour s’intéresser à un auteur que le public adore. Allez savoir pourquoi ?

Mais peu importe, car les Utopiales était là pour nous permettre de le voir. A la fin de la séance le réalisateur et Bernard WERBER se sont prêtés au jeu des questions réponses avec le public.

Il en ressort que Bernard WERBER n’a pas de message particulier à faire passer. Il n’est pas là pour donner une ligne de conduite à suivre. Bien au contraire, ce qu’il souhaite, c’est que ses lecteurs réfléchissent par eux-mêmes et pour eux-mêmes. Selon lui, c’est en agissant de façon désintéressé que l’on devient libre.





Juste après, nous nous sommes précipités à la fin de la rencontre avec Brandon SANDERSON animée par Jérôme VINCENT. L’auteur apparait ultra décontracté. Il parle très librement de ses différentes œuvres, des plus anciennes aux plus récentes. Il adore écrire, cela le repose et le ressource. Dans L’Empire Ultimes édité en France chez Orbit, pour développer son système de magie, il a pensé à quelque chose de métabolique, comme pour la création d’énergie grâce à la nourriture chez l’homme. Il voulait un mélange entre la science et la magie. A été également abordé son travail sur La Roue du Temps, car il a la lourde tache de terminer cette saga entamée par Robert Jordan. Cela lui a demandé 18 mois de travail. Il s’est fait de nombreuses fiches et n’a jamais cessé de relire l’ouvrage avant d’écrire un passage, afin de ne pas faire d’erreur sur l’attitude des personnages.





A 15h00, première conférence Insern sur le thème « Recherche scientifique et créativité : existe-t-il des frontières ? » avec Jean-Claude AMEISEN, Pierre BORDAGE, Karim JERBI et Bernard WERBER. Voici ce qu’il en ressort. Pour Bernard WERBER, pour avoir des idées, il faut avoir au préalable avoir eu des informations et des rencontres. Ensuite, il faut mélanger ces informations et chercher en soi. Pierre BORDAGE nous a parlé de son intérêt pour savoir si la pensée peut avoir un effet sur la matière ou inversement, ce qui l’amène a une exploration de l’humain, pour savoir comment il crée et interagit avec son environnement.

Le travail de Karim JERBI est le décodage de l’intention ou de l’activité motrice pour avoir une activité sur une machine. Il déclare que l’effet est plus facile à obtenir quand les informations viennent d’un groupe de cellules que d’une seule. Mais toute la difficulté vient du découpage des séquences d’actions, car cela fait appel à plusieurs zones sur le cerveau.

Jean Claude AMEISEN rappelle qu’il ne faut pas mélanger le fonctionnement des cellules avec des questions de morales et faire des extrapolations sur la solidarité, le sacrifice ou l’altruisme.

Bernard WERBER en profite pour rebondir et indiquer que l’empathie est plus intéressante que la morale, car elle a un effet automatique, sans réfléchir.

Il précise qu’il est plus efficace dans son travail d’écriture, lorsqu’il est dans un état de transe, qu’il rapproche des expériences shamaniques, proche de l’écriture automatique.

A l’inverse Pierre BORDAGE parle de moment de grâce, mais indique ce cela lui arrive rarement, pour lui, l’écriture est un travail de construction. Cela passe par des moments de doute, de souffrance. Il rappelle qu’à force d’observer toujours plus dans le détail, on risque de perdre la notion d’ensemble. Et qu’il ne faut pas finir en nous considérant comme des machines, à savoir comme un assemblage de petites pièces.

Il rejoint Bernard WERBER dans l’utilisation de l’image du Shaman, mais pour sa communication avec l’univers. Selon lui, plus il y aura de conditionnement et de cloisonnement, plus l’on risque de perdre la notion de ce que l’on est. Ce qui pourrait provoquer la perte de notre humanité. Cela ne manque pas de faire réagir les scientifiques présents.





Nous sommes restés dans l’espace Shayol pour assister à 16h30 à la rencontre avec Larry NIVEN. Cet auteur a commencé à écrire à l’âge de 25 ans. Ce qui le passionnait dans ses lectures, c’étaient l’aventure et les personnages (qu’ils soient humains ou extra-terrestres). Pour la création de la série L’Anneau Monde, il s’est inspiré de l’idée de la sphère de Dyson. C'est-à-dire que l’industrie a besoin d’énergie. Le mieux serait de capter l’énergie du soleil au moyen d’une structure en forme de balle. Il a repris cette idée, en ne gardant que l’équateur avec un cercle de 150 000 000 de km de diamètre et une terraformation. L’idée d’avoir des tempêtes sur l’anneau monde n’est arrivée qu’une fois l’écriture entamée. Car avec un anneau il n’y a pas de frottement. Mais en y mettant un trou au centre, alors c’est possible.

Selon Larry NIVEN, L’Anneau Monde est de l’ingénierie-fiction et non pas de la science-fiction. Et il précise qu’au départ ce ne devait être d’un one-shot. Finalement, il existe 4 volumes dont les parutions ont été très espacées. 10 ans entre le premier et le deuxième tome. Il a fallu attendre 15 ans pour avoir le troisième. Et le 4ème a été publié en 2004. Larry NIVEN assure que c’est bel et bien le dernier volume, car c’est la fin de l’héroïne Tilla BROWN qu’il voit comme une exception statistique, quelqu’un de très chanceux.

Même s’il n’existe toujours pas de matériaux capable de capter l’énergie de étoile, comme décrit dans L’Anneau Monde, il est toujours émerveillé par la science actuelle, qui réalise des choses encore plus incroyables que ce qu’il a pu imaginer au début de sa carrière. Le qualificatif d’auteur de Hard-Science ne le gène pas. Et il explique qu’il commence toujours ses créations par une description de la société dans laquelle va se dérouler son histoire.

Pour Paille dans l’œil de Dieu c’est Jerry Pournelle qui a suggéré la collaboration, car il devait absolument publier un roman faute de quoi il aurait été obligé de retourner à Seattle, ce dont il n’avait pas envie. Larry NIVEN l’a aidé, mais c’est Paul ANDERSON qui aurait du le faire.

S’il a beaucoup travaillé en collaboration, c’est parce qu’il aime partager. Il écrit d’ailleurs plusieurs livres en collaboration en même temps.

Parler de gigantisme et de rationalisme pour ses œuvres n’est pas un problème, même si les idées les plus folles viennent toujours de lui et pas de ses co-auteurs.



Puis à 17h30, nous sommes partis assister à la conférence « Western et SF » avec Pierre BORDAGE, Gilles MENEGALDO, Anne Marie PAQUET DEYRIS, modérée par L. GUILLAUD.

Pour Pierre BORDAGE, les points communs se retrouvent surtout dans le Space Opera : conquête du territoire/conquête de l’espace, rencontre avec les indiens/rencontre avec les extra-terrestres, existence du justicier…

Le western est une spécialité américaine. Il est noté des oppositions marquées entre les deux genres, car la SF est synonyme de progrès, alors que le western est synonyme de nostalgie. Mais il y a de gros mélanges, ce qui donne soit du Space Western, soit du ScienceFiction Western. Il existe également le Weird West où l’étrange et la peur sont utilisés, ce qui fonctionne bien aux Etats-Unis. Ce courant est en complète opposition avec le courant ultra-optimiste aux USA.

On retrouve des similitudes frappantes notamment dans le cinéma d’invasion des années 50. Avec des films comme « Quand les monstres attaquent » (Zem en vo) qui a des décors à la façon des westerns. Ou encore « Tarentula » qui a des lieux de terreur dans de jolis décors. L’avantage du désert est qu’il est sans limite et sans repaire. Cela se retrouve également dans le cinéma d’horreur avec par exemple Ghost Of Mars de CARPENTER.

A été cité également Edwin PORTER avec L’Attaque du Grand Rapide. On retrouve des similitudes de plans entre « Assault » et « Rio Bravo », ou entre « Le Train Sifflera 3 Fois » et « Outland ».

Selon Pierre BORDAGE, il n’y a pas d’opposition entre archaïque et future. Pour lui la science fiction n’est crédible que si le passé l’est également. Comme aux Etats-Unis, ils n’ont pas de racine, ils utilisent comme base le western pour continuer leur œuvre de pionniers.

Ont été cités « Monde Ouest » avec Yul BRINER, « Space Cowboys » de Clint EASTWOOD et « Vampire » de CARPENTER, qui lui est Fantastique.

Et enfin, au bout d’une demi-heure de discussion, Star Wars est cité! Avec l’image d’Harrison FORD tenant son pistolet laser comme un colt, le principe du duel, etc.

De la même façon, le réalisateur de Star Trek 5 Final Frontier revendiquait avoir voulu un décor de western dans l’espace. On retrouve dans « Le Livre d’Eli » les décors, avec le saloon, la grande rue principale.

La notion de territoire et de nature hostile sont également importantes dans les deux genres. (animaux sauvages/indiens). Mais cela se retrouve aussi dans bien d’autres genres, notamment les films d’horreur. L’alien remplacerait l’indien ? Pierre BORDAGE précise qu’il n’utilise pas trop les aliens, car pour lui, ils doivent être complètement différents de nous. Et à trop les humaniser (comme ce fut le cas pour Avatar de James Cameron), ils en perdent leur côté Alien.

Ayant dû partir pour prendre notre train, nous n’avons pas pu assister à la fin de discussion. Mais nous avons déjà récupéré de nombreuses références pour des livres à lire ou des films à voir, nous en sommes ravis.



VENDREDI :

Arrivée des groupes scolaires dès 10h00. Le Palais de congrès a reçu la visite de nombreux groupes qui ont pour beaucoup assisté aux rencontres proposées ou aux films projetés.



Pour notre part, nous sommes allés voir dans la Salle Solaris le film du néo-zélandais Jonathan KING Le Secret des 7 Volcans. Vous connaissez peut-être le réalisateur pour avoir vu son film d’horreur délirant Black Sheep.

Le Secret des 7 Volcans est l’adaptation d’un roman de Maurice GEE. Il s’agit d’un film fantastique pour jeune public. D’ailleurs des classes sont présentes pour cette projection. Le film est réussi. Comme il s’adresse aux plus jeunes, il n’y a pas de véritables surprises, mais tout est cohérent. Après une scène d’intro marquante, le film se fait légèrement contemplatif, le temps de découvrir les paysages de Nouvelle-Zélande et plus particulièrement la ville d’Oakland où va se dérouler l’aventure. L’histoire est simple, des créatures étranges (qui rappellent l’univers de HP LOVECRAFT) menacent de refaire surface. Seuls deux jumeaux peuvent les en empêcher.

Le Gardien du Feu (Sam NEIL) a déjà tenté de stopper ces monstres repoussants, mais en vain. De nouveaux jumeaux viennent d’arriver à Oakland, peut-être pourront-ils mener la mission qui les attend à son terme.

Les effets spéciaux numériques sur les créatures sont particulièrement crédibles. Et c’est le point fort du film, car il y a de nombreuses transformations. Et lorsque vous voyez apparaître des tentacules, vous avez froid dans le dos (pas question de rire comme cela aurait été le cas si l’effet numérique avait été de piètre qualité). L’utilisation des zones d’ombres, pour ne pas trop dévoiler de l’horreur des monstres est très bien faite. Cela laisse une part d’inconnu à l’horreur visuelle.

Sans être une grosse révolution, Le Secret des 7 Volcans est un bon divertissement.





Nous nous sommes ensuite dirigés vers la rencontre avec Didier GRAFFET. Ce célèbre illustrateur français nous parle de son travail et de ses passions en toute simplicité. Il est à noter que Didier GRAFFET est le seul à avoir illustré la Compagnie Noire de Glenn COOK (édité en France chez l’Atalante). Il avait réalisé l’ensemble les couvertures. Et avec les éditions en omnibus, il a pu ajouter des dessins du récit.

Vous pouviez d’ailleurs apprécier les planches originales, des crayonnés qui ont été réalisés, dans l’exposition qui lui était consacrée, et qui couvrait l’ensemble du 1er étage (espace occupé l’année dernière par la librairie).

Pour ceux qui aiment le travail de Didier GRAFFET, il est à noter qu’il est possible de commander sur son site internet des posters qu’il imprime lui-même sur demande, par rapport aux images proposées.

Pour revenir à l’exposition, d’une part donc les couvertures couleurs et des illustrations au crayon de la compagnie noire, qui sont d’une fidélité incroyable par rapport au roman, avec un souci du détail et d’une forte intensité. D’autre part, il était possible d’admirer certaines couvertures d’autres ouvrages, dont ma préférée, à savoir celle qui est utilisée pour l’intégrale des Royaumes Crépusculaires de Matthieu GABORIT édité par Mnemos. Vous était également proposées les peintures du Crespuscules des Dieux sorti aux éditions Soleil, les illustrations des Chevaliers de la Table Ronde et de L’île Mystérieuses. Avec une petite surprise : 3 bateaux à forme de poissons, qui étaient là pour nous faire découvrir un autre aspect du travail de Didier Graffet.



Pour écouter son interview :

http://lautremonde.radio.free.fr/interview.php?id=417



Vous y retrouverez la video de la dédicace qu’il nous a faite, sur le carnet qui reprend les illustrations de la compagnie noire. Ce petit carnet vous permet d’avoir les dessins, sans être obligés d’acheter des omnibus, si comme nous vous possédez déjà l’intégrale de la compagnie noire.





Nous sommes ensuite allés regarder un long métrage en compétition : Glenn The Flying Robot qui s’appelait à l’origine Glenn 3948. Ce film a été réalisé par Marc GOLDSTEIN pour un budget de seulement 2 millions d’Euros, cela lui a pris 5 ans, dont 3 en post-production. Tout a été tourné en Belgique, sauf les extérieurs qui furent réalisés en 3 jours et demi à New-York. Et lorsque l’on voit le résultat, on ne peut qu’être impressionné. Tout repose sur la performance des acteurs. L’histoire est simple : deux amis pianistes se disputent, suite à un baiser échanger par la femme de l’un d’eux avec l’autre. Vexé, l’un des deux propose à son ancien ami un chalenge : peut-il mieux jouer que le robot domestique qu’il possède ? Malheureusement pour les deux hommes, leur compétition va prendre une tournure inattendue lorsque Glenn va vouloir faire du zèle.

Les effets spéciaux sont très bien utilisés sur l’animation du robot, qui virevolte dans tous les sens grâce à sa synthèse de propulsion et de stabilisation qui remplace ses jambes. Seule la toute fin laisse un peu à désirer question modélisation 3D, mais je ne rentrerai pas dans le détail, car il ne s’agit que d’une toute petite scène de 30 secondes. Et lorsque l’on voit le travail fourni en amont, ce serait dommage de s’arrêter sur si peu. Le message qui est véhiculé par ce film est particulièrement fort sur la relation entre les hommes et ce qui nous différencie des machines. Le film sortira aux Etats Unis en dvd. Je vous conseille de surveiller cela de prêt, car Glenn 3948 est vraiment très intéressant.



Pour en savoir d’avantage, vous pouvez écouter l’interview que nous a accordée le réalisateur :

http://lautremonde.radio.free.fr/interview.php?id=420





Nous avons également vu le film de Geoff MARSLETT Mars réalisé en rotoscopie (à vérifier), comme ce fut le cas pour le film OOOOOOOO qui est l’adaptation du roman de Philip K DICK avec Keanu REEVES. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la rotoscopie a sauvé le film de la série Z. Le retraitement de l’image permet de gommer la piètre qualité du jeu d’acteur et d’incruster des images de synthèse de façon plus simple. Au final, il s’agit d’une grosse blague bien lourdaude, comme savent si bien (ou si mal) le faire les américains, dans la veine des films atroces comme Mary à tout prix.

L’histoire est simple : les russes, les américains et les européens se lancent dans une course à la conquête de la planète mars. Beagle 2 avait manqué sa mission, les russes, par négligence ont envoyé des microbes. Les américains pourront-ils faire mieux en envoyant une fine équipe composée de 2 hommes et 1 femmes ? Série de gags de bas étage, de stéréotypes en tout genre, qui font rire, il faut bien le reconnaître, mais ne laissent pas un souvenir impérissable.

Au final, voir le film se révèle distrayant. Mais ne pas le voir permet de gagner du temps. A vous de choisir.



Pour finir notre journée, nous sommes allés écouter la conférence sur les 10 ans d’Actu SF, qui est devenue une SARL en 2002, animée par Laurent Queissy (auteur et traducteur). Après une explication sur l’organisation du site, avec la répartition des ouvrages entre les différents chroniqueurs toutes les 3 à 4 semaines, a été expliqué le système utilisé pour les critiques des ouvrages. Le principe de base est d’avoir quelque chose de défendable devant les auteurs ou les éditeurs, surtout si l’avis n’est pas favorable.

En 2006, a été créé le forum, sur lequel tout le monde discute, dans un très grand respect mutuel, ce qui évite d’avoir besoin de beaucoup de modérateurs.

Le site internet est actif grâce au travail fourni par les bénévoles, qui chroniquent (entre 2 et 8 ouvrages par mois selon les personnes), interviewent et transmettent les news quotidiennement.

Un an avant, en 2005, a été créée la maison d’édition Actu SF. La première publication fut une anthologie sur le thème « A l’origine du labyrinthe ». Depuis 2007 le rythme des parutions s’est accéléré pour arriver à 7 par an environ. Le principe étant la publication de nouvelles ou de courts romans (entre 100 et 200 pages). Le choix des publications se fait principalement sur des coups de cœur pour des auteurs francophones, mais également anglo-saxons, avec quelques inédits comme par exemple une nouvelle de Robert SILVERBERG.

Pour la ligne graphique, Actu SF aime travailler aussi bien avec les illustrateurs connus, qu’avec de futurs talents. L’idée est de casser les codes et comme Actu SF reste une petite structure, ils peuvent se permettre de tester de nombreuses choses.

Leur plus gros succès est « Appel d’Air ». Mais il leur est impossible de préciser sur coups de cœur. En tout, ce sont 38 ouvrages qui ont été publiés depuis les débuts d’Actu SF.



SAMEDI :

Pour bien commencer la journée nous avons assisté à la conférence « Fantasy, une littérature cartographiée » avec Justine NIOGRET, Jerôme NOIREZ, Michel ROBERT et Brandon SANDERSON.

Pour Jérôme NOIREZ, les cartes sont utiles pour le travail d’écriture. Et pour les lecteurs, elles sont surtout pratiques pour les plus jeunes ou pour permettre de rentrer plus facilement dans le monde décrit.

Michel ROBERT nous précise qu’il fait des croquis pour la réalisation de ses combats, afin de savoir si les personnages peuvent vraiment se déplacer comme il le décrit.

Par contre, pour Justine NIOGRET, l’utilisation des cartes n’est pas souhaitable, car elle ne veut pas figer les choses, elle préfère que tout reste du domaine de l’imaginaire. Elle préfère avoir une ambiance, qu’une cartographie fixe.

De son côté, Brandon SANDERSEON réalise parfois pour lui-même des cartes, mais pour les publications, ce sont des dessinateurs qui s’en occupent. Il nous montre le continent de Roshar sur l’écran derrière lui. Ce continent a été créé à partir de la représentation d’une fractale. Il aime également créer des cartes pour les systèmes de magie. Cependant il ne souhaite pas toujours avoir recours à des cartes, par exemple sur Alcatraz il n’y en a pas, car il ne voulait pas limiter l’imagination des lecteurs.

Jérôme NOIREZ précise qu’il a eu une période avec des cartes un peu spéciales, par exemple, il ne mettait pas d’échelle, ou ajoutait des informations comme des odeurs, mettre des signes ambiguë etc…

Brandon SANDERSON nous a montré les dessins représentants des personnages de Way Of King qu’il s’était fait pour lui-même. Mais il n’a pas voulu les mettre dans le livre, pour ne pas imposer sa vision aux personnages.

Il nous a également montré la carte de la ville de Luthadel. Il a voulu par cette représentation faire comprendre au lecteur qu’il s’agissait d’une urbanisation de type victorien et non pas médiévale.



Voici l’interview que Brandon SANDERSON nous a accordée :

http://lautremonde.radio.free.fr/interview.php?id=415



Nous sommes par la suite allés voir la seconde sélection pour la compétition de courts métrages. Autant le dire tout de suite, il y avait du bon et du très mauvais. Et malheureusement d’avantage de mauvais que de bon. Je ne comprends pas comment la sélection a pu s’arrêter sur ces courts métrages.



Il était une fois l’huile qui a été primé. Un film en animation super trash et décalé. Marrant et cynique.



Miahsm (déjà vu lors du festival Mauvais Genre à Tours) : beau, mais super ennuyeux. Il ne se passe rien.



Awfully Deep (réalisateur présent) : une réflexion intéressante sur notre laisser aller et notre façon de réagir par rapport à ce qui se passe dehors. Un traitement intéressant de l’idée à savoir l’accroissement toujours de plus en plus important d’une substance molle et nauséabonde.



Artificial Paradise inc. fait partie de ses courts métrages qui ne sont qu’une carte de visite graphique, sans âme, à l’image de la machine qui est proposée à l’écran. Machine qui finit par voir un paysage terrestre !



Mrdrchain : Comprenez MurderChain pour ce court métrage d’animation où le réalisateur nous offre une exubérante représentation du corps comme pourrait le faire Clive BARKER dans une vision d’Hellraiser. Indigeste, car trop long, ce court métrage aurait gagné en intérêt s’il avait été réduit de moitié. A force de trop en faire, les images dégoutent.



Strike est un film sans parole, très esthétique, particulièrement bien joué par l’acteur principal. Ses expressions du visage sont très expressives et retranscrives à merveille son désarroi. Dans cette chambre ultra protectrice, la vie devient impossible et sa détresse fait peine à voir. Un très bon court métrage qui aurait largement mérité d’être primé.



The Origine Of Creature est une belle histoire. Et cette histoire de l’utilisation de différents membres est bien faite. Les effets spéciaux sont particulièrement bien maitrisés. Et l’ambiance créée est très poignante.



Pixels est une super blague et bonne idée de trentenaire. Dommage que le film ne puisse pas parler aux plus jeunes. En tout cas, par son format ultra court, il fait son petit effet.



A Gentle Creature est ultra mauvais. Les acteurs sont sans talent, à croire qu’ils sont tous amateurs ou tombés là par hasard. Quant à l’utilisation d’un bébé pour le faire pleurer, c’est tout simplement intolérable et sans intérêt.



Maska : Attention les yeux, film polonais sous-titré en anglais, qui dure 30 minutes, avec des marionnettes et une voix off qui racontent ce qui se passe. C’est trop pour nous. Nous avons préféré quitter la salle que de devoir subir ça plus longtemps.



Pour nous consoler, nous avons choisi de nous éparpiller dans les Utopiales. Xavier a choisi d’aller voir Hunter Prey, film en compétition de Sandy Collora, qui malheureusement pour lui a du annuler sa venue au dernier moment, en raison de problème de santé. Tandis que Tiphaine a décidé d’assister à la conférence sur le thème Vampires, zombies et cie….



Pour Hunter Prey nous en attendions beaucoup. Pour rappel Sandy Collora n’est pas le premier venu. Il a notamment travaillé sur Abyss de Cameron. Si les effets spéciaux, notamment de maquillage sont particulièrement réussis, pour le reste, nous sommes au fin fond de la série B voire même Z. Un scénario cousu de fils blancs pour ne pas dire phosphorescents tellement tout est convenu du début à la fin. Les costumes sont aussi cheap qu’un épisode de Bioman. Et heureusement que les acteurs ont un maquillage qui ne laisse voir que leurs yeux ou portent un casque, cela évite de trop voir leurs faiblesses. Je ne comprends pas pourquoi les films de SF doivent être aussi mauvais, alors que les livres sont si passionnants. Je me suis ennuyé comme rarement devant un film. J’ai voulu rester jusqu’au bout. Bien fait pour moi.



Pendant ce temps là se déroulait la conférence sur les vampires (car les zombies et cie ont été oubliés).

Il est regrettable de devoir toujours revenir sur le phénomène Twilight alors qu’il existe tant de variations dans la littérature vampirique et que la saga de S. Meier ne respecte même pas les codes propres au genre.

La conférence était intéressante car les auteurs présents connaissaient leur sujet mais elle est restée bien trop généraliste et pas assez ouverte malgré ce que laissait espérer son thème.



Mais nous nous nous sommes consolés en interviewant Fabien Clavel, l’un des intervenants de la conférence, auteur de Homo Vampiris édité chez Mnemos :

http://lautremonde.radio.free.fr/interview.php?id=414





DIMANCHE :



Ce que vous pouvez écouter sur notre site est à la fois l'interview de Caroline CARRET et son intervention au Bar de Mme Spock pour une présentation de l'univers d'Aquina.

Cette présentation aurait dû être assurée par Gilles Francescano, mais comme il était déjà en train de discuter sur la grande scène pour la conférence "Les Transports du Futur", le technicien son des Utopiales nous ayant proposé (pour plaisanter) de faire l'interview sur scène en remplacement de la présentation officielle, nous l'avons pris au pied de la lettre.



En conséquence nous ne pouvons vous faire de compte-rendu de nos propres questions et nous vous laissons découvrir Aquina et ses étranges créatures :



http://lautremonde.radio.free.fr/interview.php?id=419