Salle : Nouvel Olympia
Ville : Tours (37)

Après la très bonne soirée d’ouverture de mercredi 27 mars 2013, le 7ème Festival Mauvais Genre de Tours, continuait jeudi 28 avec au programme :
- la séance scolaire
- deux longs métrages en compétition internationale
- la compétition internationale de courts métrages de fiction
- Sawney, Flesh Of Man , long métrage hors competition


SÉANCE SCOLAIRE
La Ferme des Animaux



Sortie en salle : 1954


Les animaux de la Ferme du Manoir subissent sans broncher les brimades de leur maître. Jusqu’au fameux soir où le plus vieux et le plus sage cochon sent sa fin approcher. Il convoque alors tous les animaux pour les inciter à se rebeller, à créer un monde meilleur où ils ne seraient plus exploités par personne et vivraient en bonne entente du fruit de leur travail.
Les animaux parviennent à chasser le fermier et établissent les principes égalitaires de la « Ferme des Animaux ». Coachés par le pacifique cochon Boule de Suif, ils apprennent à lire et travaillent avec zèle pour assurer leur bien être.
Mais l’hiver et la famine font rage. S’insérant dans la brèche, un porc, César, s’impose comme le nouveau chef de la Ferme. Tout fait de lui un véritable dictateur, plus injuste encore que le fermier.

Adaptation du roman de George Orwell publié en 1945, La Ferme des animaux s’inspirait de l’histoire de l’Union Soviétique.
Dans le film, certains noms de personnages ont été modifiés et le propos reste quelque part moins dur que celui du livre. Néanmoins, on retrouve les différentes étapes de la fable moralisatrice de Orwell avec des passages d’injustice plutôt prenants pour le spectateur un minimum investi.

L’animation est une réussite avec des animaux aux traits proches de certaines illustrations de Benjamin Rabier (L’âne, la volaille et les moutons). Les bêtes ont à la fois d’authentiques expressions animalières et des traits anthropomorphes laissant parfaitement transparaître leurs intentions.

Un long métrage pédagogique et historique qui transmet tout à fait bien le message d’Orwell.






LES LONGS METRAGES EN COMPETITION

Nous regrettons de ne pas avoir vu ces deux films mais voici les trailers

The Ascent de Nemanja Becanovic (Monténégro)



After de Ryan Smith (USA)





COMPETITION INTERNATIONALE DE COURTS METRAGES DE FICTION

Parmi les huit films en compétition, deux français. Les deux équipes (d’un côté quatre personnes et de l’autre une bonne douzaine, soutenue par les équipes de Mad In France et R-One) sont montées sur scènes avant la diffusion pour répondre aux questions de Gary CONSTANT. Elles ont ainsi expliqué les conditions de tournage (y compris l’aspect financier).

Silence de Pierre-Gil Lecouvey, Emma Spook (France)



Un couple d’étudiants brave les interdits et décide de passer une nuit d’amour dans la bibliothèque. Mais ils ne semblent pas y être si seuls…

Belle réalisation pour un court orienté horreur/épouvante/zombie. Le titre est fort bien choisi et la chute sympathique. Le scénario classique mais efficace fonctionne bien. Musique de Punish Yourself ce qui ne gâche rien, bien au contraire.

Hibernation de Jon Mikel Caballero (Espagne)




Un couple se déchire autour d’une expérience scientifique où lui va enter d’entrer en hibernation, pour un long voyage dans l’espace et elle mene le protocole.

Ce film a un certain potentiel mais il manque des clefs au scénario pour qu’il soit vraiment compréhensible. Du coup, nous ne sommes pas fans.

Hunt de Jordan Tannahill (Canada)

Ambiance inuit pour une mère en errance sous la journée sans fin du Nord pour retrouver son fils.

Film ethnologique où nous cherchons encore le mauvais genre.

La Ricetta de Jason Noto (USA)
Une mama italienne prépare un plat de viande sous les yeux horrifiés et « interprétateurs » de son fils.
Un petit court grand guignol et décalé comme on les aime. Avec les distorsions que peuvent parfois entraîner un regard enfantin. Méchamment drôle par moment.

Cut To Fit de Giovanni la Pàrola (Italie)



La révolte gronde en Sicile et le seigneur d’un village en fait les frais. Un jeune tailleur profite des événements pour se venger.

Western spaghetti décalé au beau milieu de la Sicile des années 1800. Un duel intéressant et des décors bien utilisés.


Autopsie d’un porc Sébastien Sonnet (France)



Auto réflexion d’un homme sur sa vie et ses idées et sur la façon dont tout pourra finir.

Film très travaillé au niveau des lumières et des angles de caméras. Textes incisifs, avec une voix off introspective omniprésente. Images parfois contemplatives autour de cet anti héros absolu qui finit par dégoûter le spectateur. Ce qui est la preuve que le film fonctionne. Attendez la chute pour vous faire votre idée sur le film.


Doctor Glamour de Andrew Jones (USA)



Film mêlant les ambiances romance steampunk, SF et comédie musicale déjantée ! Notre coup de cœur sans conteste. Il détourne joliment tous les codes qu’on affectionne dans l’Autre Monde pour nous servir un petit bijou d’autodérision.

El Otro de Jorge Dorado (Espagne)



Variation sur les troubles du comportement et ce qu’ils peuvent entraîner pour l’entourage.

Bien joué par ce quasi sosie de Javier Bardem qui en aura trompé plus d’un dans la salle, mais manque certain d’originalité. Les travers de la schizophrénie peuvent aussi devenir lassants !

SÉANCE DE MINUIT
Sawney, Flesh Of Man de Ricky Wood (Royaume-Uni)



Les histoires de cannibale font toujours froid dans le dos.
Une jeune fille est retrouvée démembrée. La police enquête, mais sans avoir de piste valable. Un journaliste proche de la famille de la victime tente de faire progresser l’enquête tout en écrivant des articles racoleurs. Des taxis qui commencent à devenir suspects…
Pendant ce temps là, la famille de cannibales continue de se remplir la panse.
Très très sale, subversif et dérangeant, ce film est d’une rare violence. Rien ne vous sera épargné. Et pourtant les images restent supportables. Preuve que le réalisateur a su traiter le sujet sans voyeurisme et sans en rajouter.
L’avantage du tournage en écosse, ce sont les décors naturels : de toute beauté. Cette luxuriance, la poésie des nuages, sont autant de contrastes avec la méchanceté et la saleté des cannibales.
Un film à voir, si vous avez le cœur bien accroché.
D’ailleurs dans la salle, certains ont fait les malins en rigolant au début du film. Après quelques minutes, le silence absolu s’est imposé. Tout le monde retenait son souffle.