Agony

Groupe : The Tossers
Label : Victory Records
Année de sortie : 2008

Cinquième album pour The Tossers et dès le premier son de voix, sur le premier titre, nous retrouvons le son rauque et caractéristique du rock irlandais. Il faudra néanmoins attendre le refrain de « Never Enough » et surtout le deuxième titre, parfaitement nommé « Pub and Culture », pour rencontrer le côté festif de cette musique et aussi nous rapprocher des la tendance punk rock que The Tossers aiment bien mélanger au côté traditionnel. Une fois encore les influences de groupes mythiques tels que The Pogues, The Pope et Flogging Molly sont totalement digérées. Les paroles de cet album montre qu’il est clairement dédié aux vices de l’alcool et l’addiction. « Shade », aux allures de ballade, s’attache à décrire les mystères de la Nature et sa beauté. L’enchaînement avec un morceau très festif « Did it all for you » est très assumé. Il y est question d’amour et de ce jusqu’où on peut aller pour l’autre. « The Sheep in the boots », instrumental fonctionne comme un interlude dans cet album qui comporte dix-sept titres. « Not Forgotten », très mélancolique, rend hommage aux enfants victimes de politiques abusives. « Siobbhan », de nouveau très enjoué, nous ramène aux ravages de l’alcool tandis que « traps and ultimatums » pose la question des concessions en amour. On sent bien que les complications amoureuses sont au centre d’ « Agony » avec de nouveau une ballade « Claddagh » puis un avertissement ou le whisky est de nouveau le rufuge, et les instruments recommencent à s’accélérer, laissant la part belle au violon, dans « Leaspardstown Races ». « Where are you Johnny ? » représente bien le style général de l’album avec une musique très dynamique et un refrain qui reste en mémoire. « Not Alone » semble plus en rapport avec les illustrations très morbides de la pochette (une habitude chez ce groupe). Ce titre est lancinant avec une batterie super présente qui accentue le martèlement de paroles un peu mystiques. Le dessin de la pochette représente en effet des sortes de corps décharnés ou de morts vivants squelettiques qui ressortent sur un fond vert profond aux allures d’absinthes et des ombres d’arbres dépouillés de leur feuillage, effet de l’hiver ou branche mortes, le désespoir est palpable à cette vision. Le tout est donc plutôt en contraste avec une musique globalement festive. Mais on reconnaît bien là les visions déformées qui peuvent émaner d’un trop plein de bière ou autre boisson pur malt. « Political Scum » reprend un rythme plus rapide tout en dénonçant les travers de la société. De nouveau, nous sommes entraîné dans un tourbillon musical où les chœurs accentuent la vivacité des notes dans le très court « Romany ». Dans « Movin’On » la mélodie prend le dessus avec de longues parties instrumentales et de nouveau le chanteur (T Duggins) nous fait profiter de sa voix rauque. « The NutHouse » est une vraie gigue, entraînante à souhait. Le dernier titre « Be » s’avère très optimiste vers l’accomplissement de soi. Il est peut être un peu en-dessous du rythme de l’album. On aurait aimé une ouverture plus franche en conclusion d’album. Quoiqu’il en soit « Agony » ravira les fans du genre. Les instruments et la voix sont forts bien maîtrisés et la partie graphique du cd donne envie de se plonger plus dans des textes où les délires éthyliques ne sont jamais loin et où l’amour peut rimer avec douleur. Du très bon punk rock irlandais à la fois mélancolique et festif.