Rosary

Groupe : Parade Ground
Label : Sleep Walking Records
Année de sortie : 2008





Les deux frères PAULY reviennent sur le devant de la scène après 10 années de silence. Pour leur grand retour, ils nous offrent un album de 30 titres de musique industrielle d’une froideur glaciale. Le concept de Rosary est d’avoir des interludes entre chaque titre. Tous les interludes qui sont instrumentaux et portent le titre de Rosary. Le but ne semble pas de devoir regrouper tous les titres «Rosary» ensemble pour donner naissance à un nouveau titre. Car ayant tenté l’expérience, cela donne des passages sans liens entre eux. Mais reste intéressant tout de même à entendre.

Pour les 15 autres titres, PARADE GROUND vous immerge dans des boucles de sons synthétiques, avec une résonance hypnotique. La voix est assez fantomatique, avec de l’écho et de la reverb (Three Faint Fires). Il y a quelques titres plus dansant (Windfall, Happy At All). Mais Rosary est d’avantage destiné aux fans de sons trafiqués sans être torturés. Ici la mélodie prime sur le noise et tant mieux.

Windfall, Naked et Three Faint Fires sont très entraînants, avec une voix très en retrait, dignes des groupes gothiques des années 80, avec un son de boite à rythme assez terrible, car elle tient à lui seul les titres. Les sons que l’on entend sont des plus étranges.

Int The Line Of Fire est plus bruitiste, presque instrumental, les variations de niveau du son en font un titre particulièrement expérimental.

Snail’s Burial pourrait être qualifiée de balade, par rapport aux autres titres de l’album. On y retrouve de nouveau le travail sur le son avec une même mélodie répétée, en boucle, en modifiant parfois le ton des notes, mais jamais le rythme. La voix est toujours très lointaine. Le tout donne une réelle impression d’abandon et de désolation.

Happy At All est le plus classique de l’album, avec ce sample de violon. Pour une fois le chant est en avant. C’est un titre très lent qui possède une très grande puissance.

Breath est ultra répétitif, avec ce bruit qui fait penser à un signal d’alarme qui n’en fini pas de retentir. Le chant posé par-dessus fait penser aux techniques de voix de Bjork, une expérience sonore intéressante. Car si l’on souhaite que le son s’arrête, la voix est captivante et donne envie d’être entendue encore et encore. Mais la réécoute suppose de supporter une fois de plus ce bruit de sirène : Pourrez-vous passer au-delà de la douleur ou aimez vous la douleur ?

Another Week commence avec des extraits de voix, puis arrive ce son électronique faisant penser à un bruit d’usine et après une minute la voix très lointaine et la rythmique proche du martèlement se font entendre. Un titre très industriel.

Europe Side Down est très doux, avec un silence au début, puis quelques notes font leur apparition, de façon hésitante, lorsque survient le chant avec un effet de delay.

Beads donne l’impression d’être entendu à travers une cloison, seules les basses sont audibles. Une étrangeté instrumentale avec un riff sur 5 notes répétées en boucle.

Cross est dans le même esprit instrumental, sans la répétition et surtout plus noise, sans finir en larsen.

Sutter et Fight Time reviennent à une structure plus classique avec batterie, chant et sons electro 80’s.

Calvary retombe dans l’instrumental, cette fois la répétition des sons est hypnotique, avec une batterie en fond.

Immaculate est instrumental et vraiment différent des autres morceaux. Ce titre est plus proche des interludes « Rosary ».