Sagas

Groupe : Equilibrium
Label : Nuclear Blast
Année de sortie : 2008



Que ceux qui pensaient que le Pagan-Black Métal était un territoire réservé aux pays scandinaves ouvrent leurs oreilles : EQUILIBRIUM est allemand. Ce pays nous a déjà démontré par le passé son attachement à la musique païenne, pour ne prendre que quelques exemples, je citerai In Extremo, Corvus Covax et Tanzwut. Je ne veux pas parler de musique celtique, car les allemands, bien qu’ayant des instruments et une sonorité proche de la musique celte, ne souhaitent pas toujours être classés sous cette terminologie.

Pagan Black Métal donc pour EQUILIBRIUM qui sortira son deuxième album le 20 juin chez Nuclear Blast. Dire que le groupe ne s’était formé au départ que pour faire un concert. Grand bien leur a pris de poursuivre l’aventure. Car Sagas est vraiment un très bon album mélangeant une voix Black Métal, avec quelques passages Death (Blut Im Auge) et une musique très Pagan Métal, avec accordéon, violon etc.

Je ne connais pas leur précédente production « Turis Fratyr », mais je peux vous assurer que Sagas est une réussite, qui a tout à fait sa place aux côté de groupes comme Korpiklaani, FinnTroll et Eluveitie. Il suffit d’écouter l’intro de Wurzelbert pour comprendre immédiatement qu’EQUILIBRIUM va envoyer bien fort, car la cavalerie est lâchée instantanément.

Toutes les chansons sont ultra festives, tout en ayant un côté obscur. Une alchimie parfaite qui prouve que l’on peut danser et faire la fête même en enfer. Le parfait équilibre entre musique Folk, Pagan et Black Métal a été trouvé par EQUILIBRIUM.

Le chant en allemand est éructé avec maestria par Helge Stang qui a enregistré tout l’album en seulement deux jours. Autant dire qu’il connaît son affaire.

L’orchestration des titres est vraiment magique, avec de nombreux breaks et des prises de risques à saluer (les qualités de compositeur de René Berthiaume ne sont plus à démontrer). Unbesiegt en est un exemple avec les nappes de synthé et le riff à l’accordéon qui est assez incroyable. Les guitares sont accrocheuses quand il faut ou en retrait pour ne servir que d’accompagnement (Verrat). Et la batterie n’est pas en reste avec des intros dignes des plus grands classiques du Métal (Snüffel).

Le côté Folk n’est bien sûr pas oublié avec des titres comme Heimwärts qui fait sauter dans tous les sens et vous met en forme immédiatement. Un titre qui doit déchainer les enfers en concert. Heiderauche est un petite plage de calme au milieu de cet ouragan musical, avec un son de flute de pan et des nappes de synthé très planantes, vraiment surprenant, avec un côté grandiose, comme si vous aviez sous les yeux un vaste paysage, d’ailleurs vous entendez les oiseaux de la foret en tendant l’oreille. Le morceau s’enchaine avec Die Weide und der Fluß, titre qui flore bon l’odeur du large ou les récits de combats épiques, mid-tempo, pas agressif mais bien énergique. Des Sängers Fluch est dans le même esprit avec une intro acoustique, avec une ambiance Folk. Ruf in den Wind repart sur un rythme plus soutenu, bien festif. Les choses se calment avec Dämmerung, qui est très sombre et où le chant est très appuyé, celui-ci suivant le même rythme que la musique.

Mana est un titre à part, d’une part en raison de sa durée (17’56), d’autre part en raison de sa composition. Il est une histoire à lui tout seul avec cette intro très sobre avec le cri des corbeaux et les tambours, comme vous pourriez les entendre sur un champ de bataille. Puis l’arrivée des guitares et du synthé donne une ampleur à la musique. Un titre instrumental qui pourrait servir à bon nombre de films d’heroïc-fantasy.

Avec Sagas, vous allez chevaucher aux côtés de cavaliers de l’apocalypse et vous fondre dans la nuit, dans un tourbillon sonore dévastateur, mais également danser en compagnie des walkyries ou tout simplement vous retrouver dans une foret sombre. Un album extrêmement varié et intéressant.